Alors que la 78ème édition du Festival de Cannes bat son plein, l’affaire Depardieu continue de faire réagir les personnalités du septième art. Après Juliette Binoche, présidente du jury, c’est au tour de Pierre Niney de s’exprimer sur la condamnation de l’acteur de 76 ans pour agressions sexuelles. L’interprète du Comte de Monte-Cristo n’a pas mâché ses mots face aux journalistes de l’AFP, vendredi 18 mai, sur la Croisette.
Une prise de position franche et engagée de la part de Pierre Niney
“Il faut rendre absolument la justice partout, autant qu’on le peut. J’espère que ça va faire avancer les mentalités et la justice elle-même”, a déclaré Pierre Niney au micro de l’AFP. Des propos qui font écho à ceux tenus quelques jours plus tôt par Juliette Binoche, qui évoquait un homme “désacralisé pour des faits passés sous la justice”.
Pour rappel, Gérard Depardieu a été condamné le 13 mai dernier à 18 mois de prison avec sursis pour avoir agressé sexuellement une décoratrice et une assistante réalisatrice lors du tournage du film Les Volets verts en 2021. Une décision face à laquelle l’acteur a fait appel. Lors du procès, le comédien s’était défendu en affirmant : “Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins. Je ne suis pas un frotteur dans le métro”.
Un changement de mentalité en marche
À 36 ans, Pierre Niney représente une nouvelle génération d’acteurs, plus sensible aux questions d’égalité et de respect dans le milieu du cinéma. L’acteur a d’ailleurs souligné les évolutions positives qu’il observe : “Je vois du changement, j’ai l’impression qu’il y a des voyants qui s’allument quand même, sur des choses qu’on ne peut pas faire, qu’on ne peut plus faire”.
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Cette affaire divise profondément le monde du cinéma français. D’un côté, des personnalités comme Fanny Ardant ou Brigitte Bardot ont pris la défense de Depardieu, cette dernière allant jusqu’à déclarer : “Le féminisme, ce n’est pas mon truc”. De l’autre, des actrices comme Sophie Marceau ou Vahina Giocante ont dénoncé le comportement de l’acteur, la première affirmant que “la vulgarité et la provocation ont toujours été son fonds de commerce”.
Un long chemin vers l’égalité
Au-delà de l’affaire Depardieu, Pierre Niney a profité de sa prise de parole pour aborder la question de la parité dans l’industrie cinématographique. “Dans le cinéma européen, on ne compte qu’un quart de femmes réalisatrices. Il y a encore du chemin à faire. Il faut le faire, juste pour avoir une représentation égale et réelle du monde qui nous entoure”, a fait remarquer l’acteur.
Des propos qui résonnent particulièrement alors que le Festival de Cannes, qui se poursuivra jusqu’au 24 mai, compte cette année trois films français en compétition pour la Palme d’or, dont deux réalisés par des femmes : Alpha de Julia Ducournau et La Petite Dernière de Hafsia Herzi.