« Je n’ai pas été épargnée » : les révélations de Sophie Marceau sur son film avec Gérard Depardieu et le mouvement #MeToo

Publié le 20 mars 2024 à 19:45
Domine Jerome/ABACA - DDP Images/ABACA
L'actrice Sophie Marceau balance sur l'acteur légendaire et certains autres hommes du milieu du cinéma avec lesquels elle a collaboré... 

Il aura fallu près de quarante ans pour que les mots de Sophie Marceau au sujet de Gérard Depardieu soient entendus. En 1985, elle lui donnait la réplique dans un film de Maurice Pialat, Police, et s’était insurgée publiquement du comportement problématique de l’acteur sur le plateau. Alors qu’une cinquième plainte pour agression sexuelle a r écemment été déposée contre le monstre sacré du cinéma français, l’actrice revient sur sa prise de parole qui aurait pu lui coûter cher. "À l’époque, on ne m’a pas écoutée ! C’était moi le petit diable, ‘la grosse connasse’ comme Maurice Pialat et Gérard Depardieu l’avaient joliment dit à la télé. Et ça n’a choqué personne ! Plein de metteurs en scène m’ont dit ensuite que, sur le moment, ils avaient pensé que jamais ils ne tourneraient avec moi. La parole convenue était de dire : ‘Comment elle traite son metteur en scène…’ Je n’ai pas été blacklistée, mais je crois que beaucoup ont été refroidis”, déclare la star de La Boum dans le magazine Vogue France, en kiosque le vendredi 22 mars prochain. 

Près d’un mois après les deux plaintes déposées par Judith Godrèche à l’encontre de Jacques Doillon et Benoît Jacquot et son discours saisissant lors des César, Sophie Marceau a profité de cette interview pour lui adresser tout son soutien : "C’est vraiment bien de dénoncer tout ça. (…) Elle est courageuse, Judith. Elle met les pieds dans le plat. Il faut parler ! Elle a raison”. Car malheureusement, celle qui n’avait que 13 ans lors de ses premiers pas dans le septième art a bien connu les dérives des hommes de ce milieu qui a longtemps été sexiste : "Je n’ai pas été épargnée. J’ai passé les épreuves, tout ce qu’on entend aujourd’hui dans la presse au sujet de ce pouvoir masculin sur la gent féminine, je l’ai vécue dans le cinéma, comme d’autres femmes le vivent dans d’autres métiers". Sophie Marceau précise cependant qu’elle a pu éviter le pire grâce à son statut : "Étrangement, je pense que la notoriété m’a protégée. On ne pouvait pas trop faire n’importe quoi avec moi".

Par
Hugo Mallais