Affaire Gérard Depardieu : “Il provoque”, Fanny Ardant continue de défendre l’acteur accusé d’agressions sexuelles 

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:33
DDP Images/ABACA
Alors que le procès de Gérard Depardieu pour agressions sexuelles continue, Fanny Ardent a tenu à apporter son soutien à son ami. C'est ainsi qu'elle s'est présentée au tribunal correctionnel de Paris mercredi 26 mars afin de témoigner. 

Le procès de Gérard Depardieu, jugé pour des agressions sexuelles présumées commises à l’été 2021 sur le tournage des "Volets verts", s’est poursuivi mercredi 26 mars devant le tribunal correctionnel de Paris. Un moment fort de cette troisième journée a été marqué par le témoignage inattendu de Fanny Ardant, venue défendre avec ferveur son ami de longue date. Présent dans la salle d’audience,  Le Parisien a rapporté les détails de cette intervention aussi lyrique que… singulière. "Je sais qu’on est ici pour chercher la vérité. Que la vérité, c’est la chose la plus difficile à définir parce qu’il n’y a jamais qu’une seule vérité. (…) Je suis une amie de Gérard, je le connais depuis tout le temps donc je peux parler pour lui devant cette cour qui est là pour le juger", a-t-elle déclaré. 

Fanny Ardant prend la défense de son ami

Dans un plutôt long monologue, Fanny Ardant a souhaité peindre le portrait d’un Gérard Depardieu imprévisible, parfois dérangeant, mais profondément habité par son art. "Gérard a interprété tous ses personnages en donnant tout de lui-même, avec le pire et avec le meilleur", a-t-elle affirmé avant de développer sur le fait que "Toute forme de génie porte en soi quelque chose d’extravagant, d’insoumis, de dangereux"

La comédienne a alors insisté sur la singularité de Depardieu, capable selon elle de toucher le public "de Cuba à Vladivostok" parce qu’"il n’y a personne qui peut s’identifier à Monsieur Parfait". Et de poursuivre : "Il aime ce métier, il aime le cinéma, il aime le théâtre. (…) Il se moque, il provoque. Oui, Gérard, il prend de la place sur un tournage. Oui, il a une grande gueule. Oui, il dit des grossièretés"

L’actrice rappelé à l’ordre 

Fanny Ardant a également tenu à défendre la liberté de création, qu’elle estime aujourd’hui menacée : "Ce métier d’acteur ne peut être fait qu’aux risques et périls de sa propre vie. Et la peur ne doit pas être une façon de faire obéir les citoyens. La peur ne doit pas servir de morale". Pourquoi a-t-elle accepté de venir témoigner ? Elle a répondu avec franchise : "Je sais que le monde a changé (…). Beaucoup ne sont pas venus défendre Gérard parce qu’ils avaient peur de perdre leur métier. (…) Quand j’ai eu la lettre et que j’ai vu citée à comparaître, je n’avais plus envie de venir et puis, je me suis dit que si je ne venais pas défendre mon ami, je me reprocherais toute ma vie ma lâcheté"

Face à cette plaidoirie, le président du tribunal lui a rappelé le cadre juridique du procès : "Nous ne sommes pas là pour faire de la morale, nous sommes là pour faire du droit. Les faits reprochés à Monsieur Depardieu sont des faits d’agression sexuelle". » Il a ensuite interrogé la comédienne sur la possibilité qu’elle ait été témoin de gestes déplacés sur le tournage des Volets verts, où elle tenait un rôle secondaire. Sa réponse ? "Je n’ai jamais assisté, moi, Fanny Ardant, à un geste que j’aurais trouvé choquant", a-t-elle assuré. 

"Je n’ai pas assisté à ça"

Puis d’ajouter : "Gérard, c’est quelqu’un à qui on peut dire de se taire. Moi-même, je suis une femme. J’ai connu des choses comme ça. Je me suis battue. J’ai balancé des claques, j’ai dit des insultes… Mais je n’ai pas assisté à ça". Avant de quitter la barre, l’actrice a conclu non sans émotion : "J’ai toujours aimé être avec Gérard parce que j’aime la vie, avec sa violence, sa joie, sa tristesse, son désespoir et tout d’un coup sa bienveillance, sa voix douce". Suite à cette prise de parole, Fanny Ardant a enlacé l’acteur et l’a embrassé sur les joues, toujours selon nos confrères du Parisien. Si le soutien de la comédienne a mis en lumière la complexité du lien entre admiration artistique et responsabilité judiciaire, le procès, lui, continue de suivre son cours.

Par
Kahina Boudjidj