Le 20 mars dernier nos confrères de Mediapart ont publié une enquête dans laquelle on découvrait les témoignages de trois femmes, exerçant respectivement les métiers de vendeuse pour une marque de luxe, couturière et journaliste, qui accusent Gérard Depardieu d’agressions ou de harcèlement sexuels survenus en 1985, 2007 et 2014, en dehors des plateaux de cinéma. Si aucune plainte n’a été déposée, l’acteur fait face à la justice les 24 et 25 mars pour répondre des accusations d’agressions sexuelles sur deux femmes lors du tournage d’un film en 2021.
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L’acteur nie catégoriquement
Au deuxième jour de son procès pour agressions sexuelles, Gérard Depardieu a pris la parole ce mardi 25 mars devant le tribunal correctionnel de Paris, et a nié catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. "Je ne vois pas pourquoi je m’amuserais à peloter une femme, des fesses, des seins, je ne suis pas un frotteur dans le métro", a-t-il déclaré comme ont rapporté nos confrères du Parisien. Poursuivi pour des faits présumés survenus en 2021 sur le tournage du film Les Volets verts, il a affirmé qu’il n’était pas "comme ça" et qu’"il y a des vices qu (il) ne connaît pas".
Lundi, son avocat Me Jérémie Assous avait tenté d’obtenir la nullité de la procédure, en dénonçant une "enquête de police bâclée" et allant jusqu’à évoquer des "méthodes staliniennes" de la part du parquet. Très virulent, il a accusé les plaignantes, les journalistes et même la police de participer à un complot visant à "faire tomber un monstre sacré". Me Carine Durrieu-Diebolt, avocate de l’une des deux plaignantes a alors dénoncé le fait que "Tout ce que la défense cherche, c’est à gagner du temps pour qu’on ne puisse pas aborder le fonds du dossier".
Gérard Depardieu tente de se défendre
Dans la salle, l’actrice Anouk Grinberg, également présente sur le tournage, a exprimé sa colère face à la défense avant d’être expulsée… Elle avait déjà dénoncé le comportement de Gérard Depardieu auprès de l’AFP. Les deux plaignantes, Amélie et Sarah, une décoratrice et une assistante réalisatrice, l’accusent d’agression sexuelle, de harcèlement mais aussi d’outrages sexistes. Durant l’audience, elles ont souvent manifesté leur agacement face à l’attitude du comédien, qui les observait régulièrement.
De leurs côtés, nos confrères de Libération ont rapporté ainsi les explications de Gérard Depardieu à propos des accusations d’Amélie : "Elle a pu être choquée parce que je la mettais en doute professionnellement mais je ne vais pas m’amuser à 76 ans et 150 kilos à mettre la main aux fesses sur un plateau de cinéma et même ailleurs ! Je suis pas Emile Louis !". L’acteur a également tenu à critiquer le mouvement féministe et les prises de position de certaines femmes à son encontre. "Pourtant croyez-moi, j’ai eu Françoise Sagan comme amie, Marguerite Duras, Barbara, Fanny Ardant, rendez-vous compte ! Sa fille qui est assistante s’est fait cracher au visage parce que sa mère me soutenait ! Ce mouvement va devenir une terreur", a-t-il assuré.
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Et d’ajouter : "Il y avait des pancartes à Marseille qui me traitaient de violeur [pendant ses concerts de Barbara, ndlr]. Mais c’est pas des femmes, ça. Je leur dis qu’elles feraient mieux de méditer sur ce que disait Madame de Staël il y a deux ou trois siècles. La gloire est le deuil éclatant du bonheur ! Avoir son rayon de gloire pour ce qu’on est humainement, pas en groupe pour défendre une cause. Madame Lucie Aubrac qui va chercher son mari à la prison de Lyon, contre [Klaus] Barbie, c’est une résistante. Mais là, vraiment, je ne sais plus".