Affaire abbé Pierre : 12 nouvelles victimes accusent le prêtre de violences sexuelles

Publié le 9 juillet 2025 à 19:38
Starface
Douze nouvelles victimes de l'abbé Pierre ont témoigné, dont sept mineures au moment des faits. Ces révélations portent à 45 le nombre total d'accusations contre le prêtre décédé en 2007.

Un nouveau rapport du cabinet Egaé révèle douze témoignages supplémentaires contre l’abbé Pierre, portant à 45 le nombre total d’accusations. Sept des nouvelles victimes étaient mineures au moment des faits présumés, certaines âgées de seulement 10 ans. Face à cette escalade, Emmaüs et l’Église catholique annoncent la création d’un fonds de réparation financière.

De nouveaux témoignages glaçants 

L’affaire abbé Pierre franchit un nouveau palier avec la publication d’un rapport accablant du cabinet spécialisé Egaé. Depuis janvier 2025, douze nouvelles victimes ont brisé le silence, dont sept personnes qui étaient mineures au moment des faits présumés. "La spécificité de ces nouveaux témoignages tient dans le nombre important de mineurs", déclare Caroline de Haas, co-fondatrice du groupe Egaé.

Les révélations sont d’une gravité extrême. Parmi les témoignages anonymisés figure celui de deux sœurs qui ont vécu un calvaire dans les années 1970. L’une d’elles a "fait état d’une masturbation de l’abbé Pierre sur son sexe alors qu’elle venait d’avoir 11 ans". Sa sœur "lui a confié avoir subi une fellation forcée à ses 15 ans", des actes qui relèvent du viol selon les experts.

Une autre victime a contacté la ligne d’écoute par mail pour raconter avoir subi "au moins trois faits de violences sexuelles" à l’âge de 10 ans dans les années 1990. Un témoignage supplémentaire évoque une agression en 1953 : une jeune fille de 17 ans "a subi un contact entre ses cuisses, sous sa jupe" alors qu’elle voyageait en train dans le wagon de l’abbé Pierre. À son arrivée, les religieuses qui l’accueillaient "lui ont dit qu’elle avait tout imaginé".

Un dispositif de réparation financière conjoint entre Emmaüs et l’Église

Face à l’ampleur des révélations, Emmaüs et la Conférence des évêques de France (CEF) ont annoncé ce mercredi la mise en place d’un dispositif de réparation financière destiné aux victimes de l’abbé Pierre. Cette initiative répond à un principe de "responsabilité partagée", car "à partir de 1954, l’abbé Pierre devient une figure publique associée à la fois à son sacerdoce et à son rôle dans la fondation d’Emmaüs".

Le dispositif "sera porté par la commission reconnaissance et réparation (CRR)", une instance créée par la CEF en 2021 après les révélations sur la pédocriminalité dans l’Église depuis les années 1950. Opérationnel dès septembre 2025, ce fonds sera "entièrement financé par les fonds propres du mouvement Emmaüs et ceux de la CEF".

Avec ces douze nouveaux témoignages, l’abbé Pierre fait désormais face à 45 accusations de violences sexuelles !

Par
Mélissa Tellaa