L’Abbé Pierre accusé de violences sexuelles par 17 nouvelles victimes, sa Fondation change nom

Publié le 6 septembre 2024 à 16:30
Baril Pascal/ABACA
Après une première salve de témoignages dévoilés en juillet dernier par Emmaüs, l’association vient de révéler que l’Abbé Pierre était accusé de violences sexuelles par 17 nouvelles personnes. La situation est telle que la Fondation Abbé Pierre vient de prendre une décision radicale.

Connu pour son combat en faveur des plus démunis, l’Abbé Pierre est aujourd’hui au cœur d’une grave affaire. Le cofondateur du mouvement Emmaüs, qui est décédé en 2007 à l’âge de 94 ans, est en effet accusé de violences et agressions sexuelles par de nombreuses personnes. 

De nouvelles accusations contre l’Abbé Pierre

Après la publication, en juillet dernier, d’un premier rapport évoquant les témoignages de 6 femmes accusant l’Abbé Pierre d’agressions sexuelles (et d’une autre femme dénonçant "des propos sexistes et des sollicitations dérangeantes"), la Fondation Abbé Pierre et Emmaüs ont révélé aujourd’hui de nouvelles accusations. "À la suite de ces révélations le mouvement Emmaüs a mis en place un dispositif d’écoute géré par le groupe Egaé. Ce dispositif a reçu de nombreux témoignages concernant des agissements de l’Abbé Pierre. 17 d’entre eux sont présentés dans une synthèse élaborée par le groupe Egaé, et concernent des violences sexuelles commises par l’Abbé Pierre sur des femmes mineures et majeures. Ces témoignages s’ajoutent aux 7 rendus publics en juillet 2024", annonce un communiqué signé conjointement par Emmaüs International, Emmaüs France et la Fondation Abbé Pierre.

Les détails glaçants des témoignages contre l’Abbé Pierre 

Le communiqué, mis en ligne ce vendredi, dévoile une partie du rapport reçu par les trois organismes. Cet extrait met en lumière les graves faits dont est accusé l’Abbé Pierre aujourd’hui. Ce rapport précise ainsi que le mode opératoire est le même que celui pointé du doigt par les précédentes victimes. Les victimes présumées dénoncent des "contacts non sollicités sur les seins ou de baisers forcés". "Plusieurs témoignages font état de faits graves d’une autre nature : des contacts sexuels répétés sur une personne vulnérable, des actes répétés de pénétration sexuelle sur une personne de plus de 18 ans, ainsi que des propos à caractère sexuel, baisers forcés et autres contacts sexuels sur une enfant. Les faits décrits se sont déroulés des années 50 aux années 2000", affirme le document.

 

La réaction sans appel de la Fondation Abbé Pierre

"Nous réaffirmons aujourd’hui notre soutien total aux victimes. Nous saluons leur courage et les remercions de leur confiance. Nous les croyons et nous sommes à leurs côtés", poursuit le communiqué qui annonce plusieurs mesures prises face à l’ampleur de cette affaire. "La Fondation Abbé Pierre a décidé de changer de dénomination et a initié les démarches prévues à cet effet. Le conseil d’administration d’Emmaüs France a décidé de proposer le retrait de la mention « fondateur Abbé Pierre » du logo d’Emmaüs France (…)  Le lieu de mémoire dédié à l’Abbé-Pierre à Esteville restera définitivement fermé, et l’avenir du centre fera l’objet d’un travail collectif entre ses différentes organisations membres au cours des prochaines semaines", peut-on ainsi lire. Une commission d’experts indépendants sera aussi mis en place par Emmaüs International pour faire la lumière sur les "dysfonctionnements qui ont permis à l’Abbé Pierre d’agir comme il l’a fait pendant 50 ans".

Par
Clara Kolodny