L’Abbé Pierre accusé d’agressions sexuelles : « Il a vécu les tourments de la chair toute sa vie » affirme son biographe

Publié le 23 juillet 2024 à 11:10
Baril Pascal/ABACA
Quelques jours après les révélations sur les graves accusations d’agressions sexuelles portées à l’encontre de l’Abbé Pierre, son biographe, Bernard Violet, est sorti du silence pour raconter les secrets de l’homme d’Église mort en janvier 2007.

Cofondateur du mouvement Emmaüs, l’Abbé Pierre était connu de tous et salué pour son combat visant à aider les plus précaires. Mais depuis quelques jours, c’est une facette bien plus sombre et problématique de lui qui fait la Une des journaux. Un rapport commandé par Emmaüs et rendu public le 17 juillet dernier révèle en effet que plusieurs femmes accusent l’homme d’Église d’agressions sexuelles. 

La passion de l’Abbé Pierre (Emmaüs) "pour la chair"

Les révélations de ces derniers jours n’ont qu’à "moitié surpris" Bernard Violet, l’auteur d’une biographie consacré à l’Abbé Pierre. Interrogé par nos confrères du Parisien/Aujourd’hui en France, ce dernier a expliqué qu’il n’avait "jamais imaginé" que celui dont le vrai nom était Henri Grouès puisse être le responsable de tels actes. Et ce même si pour lui, il a "vécu toute sa vie dans les tourments de la chair". Bernard Violet a ainsi affirmé que l’Abbé Pierre avait, par exemple, "vécu une folle passion à l’âge de 17 ans pour un condisciple prénommé Yves" et "soprano dans une maîtrise de garçons". Pour tenter d’oublier "cette passion obsédante", il aurait dormi "sur le plancher de sa chambre" et se serait "imposé une ceinture à clous autour de sa taille".

Le goût pour les prostituées de l’Abbé Pierre

Selon son biographe, l’Abbé Pierre serait entré dans les ordres à l’âge de 23 ans suite à une "déception amoureuse". "Pour calmer ses pulsions, il s’inflige tous les soirs des séances d’autoflagellation sur les mollets et sur le dos avec un faisceau de chaînettes", a affirmé Bernard Violet en précisant qu’il "fréquentait des prostitués" à l’époque de son élection en tant que député gaulliste. Une période pendant laquelle "il avait beaucoup de succès auprès des femmes". Mais le principal intéressé a toujours refusé d’aborder ce sujet avec l’écrivain. "Je lui ai posé la question sur d’éventuelles tentations charnelles. Il m’a engueulé en me lançant que je n’étais pas son confesseur ! Je l’ai questionné sur les vœux les plus difficiles à respecter. Sa réponse ? L’obéissance et la chasteté. Lorsque je l’ai relancé sur ce dernier point, il s’est à nouveau raidi", a raconté Bernard Violet en ajoutant que l’Abbé Pierre avait fini par reconnaître avoir eu "des faiblesses charnelles".

L’Abbé Pierre accusé d’agressions sexuelles, un "tartuffe"

Soulignant que L’Abbé Pierre a été "un homme d’action incroyable", Bernard Violet a salué "le dévouement, la sincérité et l’intégrité" du cofondateur d’Emmaüs. "En revanche, j’estime qu’avec sa vie secrète de prêtre et cette double vie, c’était un tartuffe", a-t-il ajouté avant d’avouer qu’il s’attendait à de nouvelles révélations sur la face cachée de L’Abbé Pierre car sa vie a été "multiple et foisonnante".

Par
Clara Kolodny