Ce jeudi 17 avril, les journalistes Laetitia Cherel et Marie-France Etchegoin ont dévoilé leur ouvrage intitulé : L’Abbé Pierre : la fabrique d’un saint (paru aux éditions Allary). Une enquête qui revient sur les nombreuses agressions sexuelles faites par l’Abbé Pierre tout au long de sa vie. Des faits condamnables et qui, selon leurs révélations, étaient connus par le Vatican. Selon un rapport commandé par Emmaüs International et la Fondation Abbé Pierre, sept femmes affirment avoir été victimes de comportements inappropriés de sa part, entre la fin des années 1970 et 2005. Des victimes parmi tant d’autres puisque les journalistes ont découvert, au cours de leurs recherches, des documents relatant d’agressions sexuelles survenues dès les années 1950.
Abbé Pierre : ce drame familial qui lui a valu d’être pointé du doigt
Lors de leur passage sur le plateau de Quotidien, les journalistes Laetitia Cherel et Marie-France Etchegoin ont ainsi partagé des détails sur leur enquête. Et très rapidement, les deux femmes ont ainsi levé le voile sur une histoire de famille que l’Abbé Pierre a longtemps voulu cacher. Selon leurs révélations, à l’âge de huit ans, l’Abbé Pierre découvre que sa tante a été condamnée à 22 ans de prison pour avoir tué son époux. Une découverte qui l’aurait alors beaucoup impacté. "À l’école, il se faisait montrer du doigt, sa famille bourgeoise […] s’est faite montrée du doigt, les domestiques sont partis de la famille à cause de cette affaire. Ses soeurs devaient se marier et les prétendants ont arrêté leurs histoires à cause de cette tante", a ainsi raconté Laetitia Cherel. Des faits connus de tous à l’époque, mais que le principal intéressé n’a jamais évoqués publiquement. "Il a enfoui ça, en lui", a ajouté Marie-France Etchegoin.
Abbé Pierre : il luttait contre ses pulsions sexuelles depuis tout jeune
Toujours face à Yann Barthès, les journalistes Laetitia Cherel et Marie-France Etchegoin ont également révélé que l’Abbé Pierre a longtemps tenté de vaincre ses pulsions. D’après leurs recherches, l’homme d’église est tombé "fou amoureux" de l’un de ses camarades de classe, lorsqu’il avait 14 ans. Des faits pour lesquels il va s’auto-mutiler. "Il va se flageller, se mettre des ceintures à clous pour essayer de réprimer ses pulsions", a alors poursuivi Marie-France Etchegoin. Mais s’il a pu tourner la page après quatre ans, une fois entré au couvent, il serait alors tombé amoureux d’un autre moine. "Il va [y] passer huit années atroces où il va se plaindre tout le temps et où il va écrire une lettre à son supérieur, expliquant qu’il voulait se trancher les parties intimes, à l’âge de cinq ans, car il ne supportait pas cette chose louche", a-t-elle continué. Des pulsions que l’Abbé Pierre ne souhaitait pas ressentir compte tenu de son éducation très catholique.