Invité sur le plateau de C à vous pour promouvoir son nouveau film "Vacances forcées", Clovis Cornillac s’est livré avec une sincérité désarmante sur ses difficultés avec la langue française et son parcours pour surmonter son zozotement.
Un aveu surprenant face à Anne-Élisabeth Lemoine
L’échange a commencé de manière inattendue lorsque l’animatrice Anne-Élisabeth Lemoine s’est emmêlée les pinceaux sur une tournure de phrase. Cherchant du soutien auprès de son invité, elle s’est heurtée à un aveu pour le moins surprenant de la part de Clovis Cornillac.
"Je vous ai perdu, je peux pas compter sur vous", lance Anne-Élisabeth Lemoine avec son humour habituel. La réponse de l’acteur a alors pris tout le monde de court : "En français ? Ah non ! Si mon épouse regarde, elle va se marrer. Mais alors, non. Ah bon ? Non, non. Vraiment, là, pour le coup, je ne suis pas une référence. Je peux aider à porter des sacs de sable, mais le français, malheureusement."
Cette confession révèle une facette méconnue de l’acteur, habitué pourtant à jouer avec les mots sur grand écran et sur scène.
Le combat de Clovis Cornillac contre le zozotement
Plus tard dans l’émission, l’acteur s’est montré encore plus personnel en évoquant un trouble qu’il a longtemps refusé de corriger : son zozotement. Un défaut de prononciation qu’il avait transformé en étendard, par orgueil plus que par choix.
"J’étais très fier de mon zozotement. Parce qu’en fait, j’étais orgueilleux, comme encore… C’est un truc qui part pas, hein. Ça, c’est…", confie-t-il avant de poursuivre sur ce trait de caractère qui le définit encore aujourd’hui. "L’orgueil ? Oh, putain. Ça se sauve à plein d’endroits. Mais alors, en revanche, c’est chiant. Au quotidien, c’est la galère. Ouais, c’est la galère."
Cette fierté mal placée l’amenait à rejeter les conseils de son entourage professionnel. "Mais j’avais cette espèce de… Voilà, d’orgueil. Quand les gens me disaient… Tu sais, ce serait bien pour mon métier, peut-être, que tu perdes. Je disais, bah, c’est pour jouer comme toi. Ah oui, j’ai supporté pas l’idée d’être… Voilà. Comme tout le monde."
La révélation qui a tout changé
Le déclic est finalement venu d’une proposition inattendue : incarner Britannicus au théâtre. Face à l’ampleur de la tâche et à la grandeur des salles, l’orgueil du fils de Myriam Boyer s’est heurté à la réalité pratique.
"Et puis un jour, on me propose Britannicus au théâtre. Tout d’un coup, je prends un texte et je commence à lire chez moi. ‘Narcisse, tu sais que de la servitude, je…’ Et là, je me dis, c’est 2 000 personnes qui vont pleurer de rire, quoi. C’est-à-dire que tu vas monter sur scène, on va se foutre de ta gueule."
Cette prise de conscience brutale l’a poussé à abandonner sa fierté mal placée pour embrasser la nécessité professionnelle.
Après le succès d’”Un p’tit truc en plus”, l’acteur fait actuellement la promotion de "Vacances forcées", une comédie qui sort ce mercredi 11 juin au cinéma. Réalisé par François Prévôt-Leygonie et Stephan Archinard, ce film choral réunit Clovis Cornillac aux côtés d’Aure Atika, Bertrand Usclat et Laurent Stocker. L’intrigue suit deux familles que tout oppose, contraintes de partager une sublime maison de vacances suite à une erreur de réservation. Un choc des cultures garanti entre l’employé de la SNCF fan de Gérard Lenorman qu’incarne Cornillac et les autres protagonistes aux personnalités bien affirmées.