Bienvenue à Harz
Dans le village fictif de Harz, en Bretagne, une jeune fille disparaît à la sortie d’une boîte de nuit. Tandis que le major de la gendarmerie, Maximilien Sendac (Guillaume Labbé), veuf depuis peu, est chargé de l’enquête, sa fille adolescente, Wendy, est témoin d’éléments surnaturels. Jusqu’à découvrir qu’elle possède elle aussi d’étranges pouvoirs, à l’image de sa défunte mère et de sa grand-mère avant elle…
La genèse
Originaire de Médréac, en Bretagne, Bastien Dartois imagine cette série alors qu’il est encore étudiant à la Fémis, avec, comme envie, de mettre à l’honneur les riches légendes de sa région. Son point de départ : le Bugul-noz (qui signifie « le berger de la nuit »), sorte de croque-mitaine de la mythologie bretonne. Il fait d’Anaon (qui veut dire « l’autre monde », en breton) son projet d’étude en collaborant avec d’autres auteurs de la prestigieuse école, conscient qu’une série fantastique de cette ampleur peut s’avérer compliquée à monter sur le marché français. Pour être à la hauteur de ce Stranger Things à la française, pas moins de deux diffuseurs se sont alliés à Tetra Media Fiction : Prime Video, qui a proposé la série, en avril 2025, et France Télévisions.
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Inspirations
Anaon, c’est aussi un hommage assumé au cinéma des années 1980 de Steven Spielberg, et au Labyrinthe de Pan, de Guillermo del Toro (2006). « Les mômes d’aujourd’hui, il en faut beaucoup pour leur faire peur. Je veux raconter le merveilleux en 2024, à une époque où l’on est inondé par les écrans », explique le réalisateur, David Hourrègue, à qui l’ont doit également Rivages, Germinal et, plus récemment, Désenchantées. Il cite aussi, dans ses références, Les Contes cruels & fantastiques, de Maupassant, le Horla en tête. Une nouvelle dans laquelle le surnaturel est ténu, jusqu’à faire douter le lecteur de sa véracité. Car, dans Anaon, le fantastique, toile de fond pour aborder le thème du deuil, n’écrase jamais le réel.
L’authenticité avant tout
« Mon but est de procurer aux gens un maximum d’émotions », assume David Hourrègue, qui, pour ce faire, préfère la simplicité et la suggestion aux effets spéciaux rocambolesques. Loin des studios et des fonds verts, le tournage a pris place dans des décors naturels. À des kilomètres de la carte postale côtière, habitée par des marinspêcheurs, c’est le petit village de Bécherel (Ille-et-Vilaine), peuplé d’à peine 700 habitants, qui a servi de cadre à la série. « On voulait une Bretagne terrienne », assume le réalisateur.
Anaon, mercredi 4 février à 21h10 sur France 2