Guillaume Labbé (Le Diplôme) : « Comme Pierre, j’ai de la violence en moi »

Publié le 26 janvier 2026 à 9:11
Guillaume Labbé est l’un des six héros de la série Le Diplôme sur TF1, sacrée "Meilleure série comédie dramatique" au Festival de la fiction de La Rochelle. Interview.

Tous les héros du Diplôme ont des fêlures. Quelles sont celles de Pierre, que vous incarnez ?

 Guillaume Labbé. Après avoir été condamné pour avoir agressé un policier, il est en liberté conditionnelle et passe le bac en candidat libre. Il a donc des problèmes de violence, due à une éducation qui ne lui permet pas de s’exprimer avec des mots. Ça, il va le comprendre peu à peu, à travers le groupe. C’est ce développement qui m’a vraiment plu.

Que représente ce baccalauréat pour lui ?

Pierre se dit que ce bac est une manière de canaliser sa violence. Il veut aussi montrer à sa fille et à son ex qu’il est capable. Au fur et à mesure, il se rend compte que ce n’est pas le bac en lui-même qui est important, mais de se mettre en mouvement. D’ailleurs, j’ai eu de grandes discussions avec Fanny Riedberger, la créatrice de la série, sur le fait qu’il ait son bac ou non à la fin. 

Guillaume Labbé : "Dans la vie, on est seul et incompris"

Vous dîtes souvent en interview que vous allez chercher en vous ce qui vous rattache de vos personnages. Pour Pierre, s’agit-il de violence ?

Oui, j’ai de la violence en moi. Pendant longtemps je ne m’en suis pas rendu compte. En grandissant, j’ai trouvé des moyens pour essayer de la transcender. J’en ai donc fait un moteur. Et en même temps, c’est difficile, j’ai souvent la sensation d’être incompris. Je dois trouver des outils pour canaliser cette violence quand elle arrive.

Outre le bac, le sens du collectif est la clef de voute de la série…

Dans la vie, on est seul et incompris. C’est un postulat de base. Mais ce que la série démontre, c’est que même si on ne vit pas les mêmes choses, on est vivant ensemble. Les personnages pensent qu’ils sont seuls à souffrir, alors que tout le monde souffre. Les liens qui se tissent entre eux ne se font pas à coups de grandes discussions, mais juste à travers le partage et le lien social. J’enfonce une porte ouverte mais ce point est vital. On est des animaux sociaux.

L’arrêt prématuré de Je te promets, "une blessure" pour Guillaume Labbé

Quels souvenirs gardez-vous de vos années lycée ?

 J’en garde de très bons souvenirs ! Je me suis beaucoup marré. C’est aussi l’époque où tu découvres la sexualité. Beaucoup de sport, mais peu d’écoute en cours. Je n’ai pas profité de ce qui, en réalité, est une véritable chance, à savoir être assis pendant que des gens viennent t’apprendre des choses gratuitement.

Ces dernières années, vous avez enchaîné les mini-séries et les unitaires. Après "Je te promets", l’idée de reprendre un rôle sur plusieurs saison vous tente-elle ?

 C’est une très bonne question, car je me la pose tout le temps. L’arrêt de Je te promets a été difficile (La série a été annulée prématurément au terme de la saison 3, ndlr). C’est encore un peu une blessure. Déjà que je me questionne énormément avant de faire un projet. Ce serait encore pire avec une série sur le long terme. Car même si on peut se dégager d’un contrat de trois ans, on ne plante pas quelque chose en plein milieu. J’ai peur de m’engager sur plusieurs saisons, mais en réalité, j’en ai aussi vraiment envie. Mais il faudrait vraiment que le rôle et la série m’emballe à 100%.

Par
Camille Sanson