Rivages (France 2) – Fleur Geffrier : « Nous nous sommes retrouvés dans des situations qui nous ont un peu effrayés »

Publié le 6 janvier 2025 à 10:11
INTERVIEW. Fille d’oenologue dans Les Gouttes de Dieu, l’actrice change d’univers et incarne une océanologue qui enquête sur le mystérieux naufrage d’un chalutier appartenant à son père. 

Qu’est-ce qui vous a séduite chez votre personnage, Abigail ? 

Fleur Geffrier : Son histoire personnelle m’a touchée. Elle a été extrêmement fragilisée par un drame et, plutôt que de se confronter à la réalité, elle a préféré fuir. Trois ans plus tard, elle revient à Fécamp et fait face à son passé. 

Pour l’incarner, vous avez passé le permis bateau, appris la langue des signes, ainsi que la plongée… 

Et un peu le piano ! (Rires) Après avoir obtenu le rôle, j’ai compris tout ce que j’allais devoir entreprendre pour le jouer. Et je me suis dit : « Génial ! On commence quand ? » J’ai décroché le « code maritime » deux jours à peine avant le tournage. J’avais la pression ! Si je le ratais… 

"Nous nous sommes parfois retrouvés dans des situations qui nous ont un peu effrayés"

Jouer en pleine plongée, ça change quoi ? 

Tout ! Sous l’eau, tout passe par le regard et les mouvements. Le monde de la plongée sous-marine, c’est celui de la lenteur. Il a aussi fallu apprivoiser le masque et la peur, qui était présente au départ. Mais des scaphandriers nous surveillaient. Et David Hourrègue, le réalisateur, plongeait à chaque fois avec moi. Nous avons tourné les scènes sous-marines en décembre, en Corse. L’eau était très fraîche et, au bout d’une heure, je commençais à trembler. Une doublure me remplaçait donc pour les plans plus larges. Mais David, lui, restait. Un jour, il a plongé pendant près de six heures ! Nous l’appelions Aquaman à certains moments. (Rires) 

Pense-t-on aux risques lorsque l’on tourne en mer ? 

Je préférais me concentrer sur ce que je devais faire. Nous avons tourné les scènes sur l’eau à Fécamp, en hiver, et il a fallu composer avec les caprices de la mer. Nous nous sommes parfois retrouvés dans des situations qui nous ont un peu effrayés… Dans une scène, je devais faire demi-tour en bateau. Mais en voyant la vague arriver, j’ai compris que si je continuais, le chef opérateur allait passer par-dessus bord… 

"Jean-Marc est un partenaire très doux et investi"

Jouer avec Jean-Marc Barr, le héros du  Grand Bleu, c’était comment ? 

Quand j’ai su qu’il allait incarner André, le parrain d’Abigail, ça m’a fait quelque chose… Quand j’étais petite, Le Grand Bleu était l’une de mes références. Je l’ai regardé je ne sais combien de fois ! J’avais même des photos du film encadrées chez moi. Jouer avec une de ses idoles de jeunesse, c’est incroyable ! Jean-Marc est un partenaire très doux et investi. C’est une force tranquille !

La série Les Gouttes de Dieu (France 2/Apple TV+), dont la saison 2 est en tournage, vous a-t-elle ouvert des portes à l’international ? 

Grâce à elle, j’ai passé des castings dont je suis fière, notamment celui de la série Foundation, d’Apple TV+. Et j’ai un agent à Londres. 

Est-il vrai que votre envie de devenir actrice est née grâce à Audrey Tautou ? 

Un peu ! J’ai adoré Le Fabuleux Destin d’Amélie Poulain, sorti quand j’avais une dizaine d’années, et j’ai aussi été fascinée par Audrey Tautou en la voyant dans l’émission de France 3 Vie privée, vie publique. J’ai eu envie d’aller dans la même école qu’elle et d’avoir moi aussi une belle carrière au cinéma. Je pensais que ça serait impossible, car j’habitais à la campagne. Je me suis rappelée tout ça, un jour, lorsque j’étais au Cours Florent. Et je me suis dit : « C’est bon, tu as réussi… » 

Rivages, lundi 6 janvier à 21h05 sur France 2

Par
Pauline Hohoadji