Vous êtes-vous inspirée, pour jouer Fanny, des journalistes croisés dans votre carrière ?
Marie Denarnaud : Ma référence a davantage été Le Journaliste et l’Assassin, un livre que j’adore, écrit par Janet Malcom. Et je me suis aussi intéressée aux raisons pour lesquelles une femme tourne le dos à tout ce qu’elle était avant. Fanny s’est construit une carapace pour laisser cette affaire loin d’elle.
Désenchantées fait le portrait de femmes sur deux générations. C’est ce qui vous a séduite ?
Ma première motivation a été, très honnêtement, de tourner pour la première fois avec le réalisateur David Hourrègue et Constance Labbé (qui incarne Angélique, la soeur de Fanny, ndlr). Mais c’est vrai qu’en lisant le scénario, j’ai immédiatement été emballée par la puissance des femmes. Elles sont décrites dans toute leur amitié, leur violence, ou encore leur capacité de résilience. J’adore, par exemple, le fait que Fanny ouvre les yeux sur son passé grâce à Lilou, sa belle-fille adolescente.
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Comment avez-vous préparé ce rôle de belle-mère ?
En amont, David Hourrègue nous a fait travailler des détails de leur relation, ainsi que les scènes qui étaient les plus importantes pour lui. La première semaine de tournage, Daphné Girard-Lecoanet (qui interprète Lilou) et moi étions quasiment seules, avec une équipe technique réduite, dans le décor de l’hôtel, ce qui nous a permis de créer et développer une certaine intimité. Elle m’a appris des choses sur le jeu, car elle sait être force de propositions. Elle est formidable !
Et vous, que gardez-vous de votre adolescence ?
J’ai eu la chance de vivre une enfance et une adolescence assez privilégiées et heureuses, avec beaucoup d’amour et de liberté. Mes parents n’étaient pas des inquiets. Ils nous ont donné, à ma soeur et moi, confiance en nous. Ils nous ont permis d’explorer, donc j’ai de merveilleux souvenirs d’errances et d’insouciance. Je n’étais pas une adolescente amoureuse, j’étais juste curieuse et aventureuse.
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Un peu comme votre personnage, donc…
D’une certaine manière, oui. Comme Fanny, adolescente, je me planquais un peu. J’étais toujours couverte d’un pull, je portais des gants… C’était aussi l’époque grunge, donc j’étais en Dr. Martens, avec des gros pantalons et une coupe au bol. Je repoussais le moment d’entrer en contact avec ma féminité, car ça me permettait d’être plus libre. J’avais déjà conscience, à cet âge-là, qu’elle pouvait être enfermante.
Vous dites choisir vos projets en vous demandant « ce que vous devez faire de votre présence au monde ». Votre envie de comédie reflète-t-elle un besoin de relâcher une certaine pression ?
La comédie n’empêche pas l’engagement. Une des choses que j’ai profondément aimées dans HPI, c’est qu’à travers cette série très burlesque, il y avait énormément de questionnements sur notre société. Mais c’est vrai qu’instinctivement, on vient me chercher pour des drames. Si on peut faire un appel à comédies pour moi dans votre magazine, ce serait très sympa ! (Rires)
Désenchantées, mercredi 12 novembre à 21h10 sur France 2