Vous interprétez Éliane, la compagne de Chris (Deborah François), retenue en captivité par le commando. Que pouvez-vous nous dire de votre personnage ?
Marie Denarnaud : Éliane est médecin, une femme dans le soin et l’écoute. Elle partage la vie de Chris, une infirmière plus jeune qu’elle. Elle est devenue une seconde mère pour Geoffroy (Noé Chabbat), 10 ans, le fils sourd-muet de sa compagne. Avec le temps, elle a fait corps avec cette île et ses habitants.
Qu’est-ce qui vous a séduite dans ce scénario ?
La question de l’héroïsme ordinaire. Comment une communauté de gens lambda réagit face à une privation brutale de liberté. Il était intéressant de voir la manière dont pouvaient se nouer les liens et comment s’organisait la résistance. J’ai aimé ce mélange de thriller ancré dans les préoccupations contemporaines et le côté film d’action.
L’écologie est au centre de cette histoire. Quel regard portez-vous sur les activistes environnementaux ?
On sait aujourd’hui que les plus riches, soit 0,01 % de la population mondiale, sont ceux qui polluent le plus. Se dire qu’une poignée de milliardaires, coupés des réalités, se permettent de tout détruire sans considération pour le reste de l’humanité est scandaleux. Je suis plus choquée par leur égoïsme et leur avidité que par ces deux militantes écolos qui, en octobre 2022, avaient aspergé de soupe, sans le détériorer, un tableau de Van Gogh protégé par une vitre. Je désapprouve en revanche les actions violentes contre les personnes et les biens. La violence, qu’elle soit sociale ou physique, me révulse.
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Justement, celle faite aux femmes semble vous tenir particulièrement à coeur. En 1999, dans T’aime, de Patrick Sébastien, votre premier film, vous interprétiez une jeune fille violée, puis, une nouvelle fois, en 2014, dans Une histoire banale, d’Audrey Estrougo…
Je recherche des projets qui soient des témoignages sur le monde dans lequel je vis. Il faut absolument qu’il y ait une prise de conscience des pouvoirs publics. Nous avons à peine entamé l’année, que l’on compte déjà neuf féminicides.
Vous n’excellez pas uniquement dans les drames. Dans la série HPI, sur TF1, on vous découvre douée pour la comédie…
J’avoue que je me trouve plutôt drôle en commissaire Céline Hazan. Ce n’est pas mon premier rôle léger à la télé. J’ai joué dans la série de M6, Merci, les enfants vont bien (2006-2007), dans laquelle j’incarnais Isis, un personnage désopilant. Quant à HPI, on tourne la saison 3 jusqu’en mars. Elle s’annonce explosive, un vrai feu d’artifice.
Quels sont vos autres projets ?
J’ai tourné, pour France 2, deux unitaires : Répercussions, de Virginie Wagon, un drame autour de l’alcool au volant, et un thriller, 12 ans, 7 mois, 11 jours, avec Julie Gayet. J’ai aussi un petit rôle dans Dalva, un film d’auteur sur l’inceste, qui sortira le 22 mars. Au cinéma, je choisis toujours des premiers films avec des sujets forts. C’est aussi une façon de m’engager. Et puis je compte bien, cette année, réaliser mon premier long-métrage, sur lequel je planche depuis quatre ans : une comédie dramatique en forme de fable.
INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI