Michel Bussi (L’Île prisonnière, France 2): « J’ai gardé cette histoire dans un tiroir pendant plus de trente ans »

Publié le 13 février 2023 à 10:32
© Mélanie BODOLEC - FTV - CINETEVE
L’écrivain à succès signe, et c’est la première fois, le scénario de ce thriller, qui raconte la prise de contrôle d’une île par un commando.

Contrairement aux adaptations de Maman a tort (en 2018, pour France 2), Un avion sans elle (en 2019, pour M6) et Le temps est assassin (en 2019, pour TF1), qu’est-ce qui vous a incité à écrire directement pour le petit écran ? 

Michel Bussi : J’ai gardé cette histoire dans un tiroir pendant plus de trente ans. La porter à l’écran était l’un de mes projets prioritaires. Pour moi, ce récit ne pouvait faire l’objet d’un roman, mais collait plutôt aux exigences d’une série. Quand France Télévisions a fait savoir son désir d’une création originale, j’ai sauté sur l’occasion et entamé son développement avec mon ami et scénariste Christian Clères. 

Vous racontez la prise de contrôle d’une île bretonne par un commando armé d’activistes environnementaux. Aviez-vous imaginé, trente ans plus tôt, l’émergence de l’écoterrorisme ? 

Non. Dans la première mouture, il n’était pas question d’écoterrorisme. J’avais construit ce récit sur le thème d’un village coupé du monde, qui entre en résistance contre un envahisseur. Et puis les enjeux climatiques se sont retrouvés au centre des préoccupations. L’inquiétude pour l’avenir de la planète peut pousser les plus désespérés à des actions extrêmes. Ce n’est pas dirigé contre les écologistes. Je suis d’autant plus touché par les questions environnementales que j’appartiens à cette génération marquée par la catastrophe de l’Amoco Cadiz (le 16 mars 1978, ce pétrolier américain avait fait naufrage dans la Manche, libérant 227 000 tonnes de pétrole brut sur les plages bretonnes, provoquant une marée noire, ndlr). 

Dans cette histoire, il n’y pas un seul héros, mais plusieurs, de différentes générations. Pourquoi ? En effet, il y a Alex (Pierre Perrier), au passé mouvementé, qui fait son retour sur l’île, Mado (Anouk Grinberg), la grand-mère en quête de rédemption, Candice (Margot Bancilhon), la jeune fermière résistante, Chris (Deborah François), la mère de famille, Kelly (Jane Cara), l’adolescente rebelle, et le jeune intrépide Dorian (Diégo Murgia). Je voulais écrire une série familiale transgénérationnelle avec des personnages sur lesquels chaque spectateur peut se projeter. 

Cette série interroge aussi sur les dangers des nouvelles technologies. Seriez-vous inquiet ? 

Même s’ils ont bénéficié d’une taupe sur l’île, les activistes connaissent, grâce aux outils informatiques, plein de détails sur la vie des habitants. Il est effrayant de penser qu’un individu mal intentionné peut récupérer vos données, vos SMS, vos mails et tout savoir de votre vie privée. 

Y a-t-il d’autres projets d’adaptation de vos romans à venir ? 

Oui. Mon roman Rien ne t’efface, dont l’action se passe en Auvergne, est en cours d’adaptation pour TF1 et devrait être tourné cette année. Et j’ai encore d’autres projets, notamment avec les plateformes de streaming… 

Allez-vous mettre votre carrière de romancier entre parenthèses pour devenir showrunner ? 

Je compte mener les deux de front. D’ailleurs, mon prochain roman, Trois vies par semaine, paraîtra le 2 mars, aux Presses de la Cité. 

L’Île prisonnière : lundi 13 février à 21h10 sur France 2

INTERVIEW HACÈNE CHOUCHAOUI 

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