C à vous : Clémentine Autain fond en larmes en marge des affaires Jacques Doillon et Benoît Jacquot (VIDÉO)

Publié le 4 juillet 2024 à 5:55
Invitée dans C à vous ce mercredi 3 juillet, Clémentine Autain, députée réélue du Nouveau Front Populaire, n'a pas réussi à contenir son émotion lorsqu'elle a été interrogée sur Jacques Doillon et Benoît Jacquot, deux réalisateurs accusés de violences sexuelles par plusieurs actrices.

L’émotion était trop difficile à contenir pour Clémentine Autain. Ce mercredi 3 juin, la députée du Nouveau Front Populaire récemment réélue au premier tour des élections législatives était invitée sur le plateau de C à vous en marge du #MeToo français. Les réalisateurs Benoît Jacquot et Jacques Doillon, accusés de violences sexuelles par plusieurs actrices, étaient convoqués à la Brigade de protection des mineurs en début de semaine. Cela faisait suite à la plainte déposée par Judith Godrèche et son témoignage public datant du mois de février dernier. Le parquet de Paris avait ouvert une enquête pour viol sur mineur de 15 ans par personne ayant autorité, viol, violences par concubin et agression sexuelle sur mineur de plus de 15 ans par personne ayant autorité. Benoît Jacquot a été mis en examen mercredi pour viols sur les actrices Julia Roy, en 2013, et Isild Le Besco, entre 1998 et 2000. Le cinéaste a été placé sous contrôle judiciaire. Jacques Doillon, lui, a été relâché sans poursuites.

Clémentine Autain était particulièrement impliquée dans ces affaires, elle qui était membre de la commission d’enquête contre les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma, créée suite aux révélations de Judith Godrèche. Toutefois, les travaux ont été suspendus à la suite de la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron. La femme politique a ainsi fait part dans C à vous de son souhait de voir les activités reprendre par le prochain gouvernement : "Il faut que ce qu’il sortira de cette commission soit suivi des faits. Parce que s’il y a des recommandations mais que le gouvernement décide qu’on les met à la poubelle ou qu’on s’en fiche, ça ne permettra pas de faire avancer."

"Je suis désolée de craquer comme ça"

"Ce qui a déjà fait avancer les choses, c’est la prise de parole de Judith Godrèche et de toutes ces femmes qui ont bravé la bienséance et qui on fait un travail que je trouve…", poursuit Clémentine Autain, prise par l’émotion. "Pardon, excusez-moi. Je suis particulièrement émue, parce que je suis fatiguée aussi, mais c’est une question qui me touche, parce que c’est mon combat fondamental, le combat contre le viol." La députée de la 11e circonscription de Seine-Saint-Denis a expliqué être particulièrement touchée en raison de son histoire personnelle : "Ma mère (Dominique Laffin) était comédienne et qu’elle a tourné avec Jacques Doillon. Je connais bien Judith Godrèche. Je vois tout ce qui a été fait à ces femmes qui ont été prises comme des objets. Ma mère est morte, j’avais 12 ans. Elle ne m’a pas raconté cette histoire. Je pense qu’il y a eu une bascule dans le film qu’elle a tourné avec Jacques Doillon, qui s’appelait La femme qui pleure (1979), où il a tiré quelque chose d’elle. Il était dans une relation amoureuse avec elle. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé, je ne saurai jamais."

La gorge nouée et les larmes aux yeux, Clémentine Autain a ensuite exprimé toute sa détermination afin de poursuivre son combat : "Pardonnez-moi, je suis désolée de craquer comme ça, mais il faut se rendre compte de ce que c’est de parler pour ces femmes qui parlent. C’est énorme, c’est dur, c’est violent aussi ce que Judith Godrèche se prend dans la tête parce qu’il y a aussi toutes ces femmes et ces hommes qui ne parlent pas et ces hommes qui ne parlent pas. Ces femmes qui ne veulent pas être complices de ce silence parce qu’elles ont peur, et ces hommes qui au fond, attendent que ça passe. Il faut qu’il y ait des nouvelles générations qui se comportent différemment." Dans une biographie publiée par Anne Delabre 2006, Clémentine Autain révélait avoir été victime d’un viol à l’âge de 23 ans sous la menace d’une arme blanche.

Par
Benoît Lesueur