Les signataires de cette tribune parue dans le Monde dénoncent le retard de la France dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles. Ils réclament une "loi intégrale" qui aborde tous les aspects de cette problématique, notamment en améliorant le traitement judiciaire des affaires et en assurant un accès aux soins en psychotraumatologie pour les victimes.
Une prise de parole significative
Pourquoi cette initiative, et pourquoi maintenant, alors que le Festival de Cannes bat son plein ? Anna Mouglalis explique que cette tribune vise à rappeler que les violences sexuelles sont omniprésentes dans la société, touchant toutes les femmes, indépendamment de leur milieu social ou professionnel.
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Parmi les signataires, on retrouve bien entendu Judith Godrèche, connue pour a voir dénoncé les cinéastes Benoît Jacquot et Jacques Doillon, Isild Le Besco dont le livre "Dire vrai" dénonce également tout un système. Emmanuelle Béart, qui a co-réalisé un documentaire sur l’inceste, dont elle-même a été victime, fait partie des signataires, tout comme Vahina Giocante, Isabelle Adjani, Charlotte Arnould, Juliette Binoche, Emma de Caunes, Marilou Berry, Marie Portolano, Muriel Robin, Julie Gayet, Christine Angot … Le comédien Philippe Torreton est l’un des rares hommes qui a signé cette tribune.
La France en retard ?
Anna Mouglalis, 46 ans, pointe du doigt le retard de la France dans la lutte contre les violences sexuelles, malgré une législation répressive sur le papier. En effet, bien que la loi française prévoie des peines sévères pour les agresseurs, ces derniers bénéficient souvent d’une impunité quasi totale. Le taux de classement sans suite des plaintes pour violences sexuelles est alarmant, atteignant 94 % en 2022, tandis que le taux de condamnation est extrêmement faible, à seulement 1 %.
Les signataires réclament “une loi intégrale qui permettra de clarifier, entre autres, la définition du viol et du consentement, introduire celle de l’inceste, de juger les violeurs en série pour tous les viols connus, d’élargir les ordonnances de protection aux victimes de viols, de faciliter la collecte de preuves, de créer des brigades spécialisées, d’interdire les enquêtes sur le passé sexuel des victimes”.