« On a peur, on a honte » : Emmanuelle Béart révèle avoir été victime d’inceste entre ses 10 et ses 14 ans

Publié le 5 septembre 2023 à 13:34
Abaca
Dans un entretien accordé à nos confrères du "ELLE", Emmanuelle Béart s’est confiée sur l’inceste qu’elle a subi et le documentaire qu’elle consacre à ce sujet.

C’est une interview puissante et bouleversante qu’Emmanuelle Béart a accordée à nos confrères du magazine ELLE. La comédienne a coréalisé un documentaire baptisé Un silence si bruyant, diffusé le 24 septembre prochain sur M6, dans lequel elle recueille le témoignage de quatre victimes d’inceste, trois femmes et un homme. L’actrice passe également devant la caméra pour évoquer sa propre histoire et révèle avoir, elle aussi, été abusée lorsqu’elle était enfant. "Au début, je voulais prendre la caméra, et non prendre la parole, expression toute faite que je déteste, un peu comme "la peur a changé de camp" ! Je ne m’incluais pas dans cet espace", a confié Emmanuelle Béart en préambule. Elle révèle que c’est le témoignage des autres victimes qui l’a poussée à se remettre en question. "Quand Norma m’a demandé ‘et toi, pourquoi tu es là ?’ et qu’après avoir entendu mes explications, elle m’a dit ‘et pourquoi tu ne dis rien ?’, ça a été violent", a continué Emmanuelle Béart. Elle explique également pourquoi elle a décidé de briser le silence. 

"Pourquoi on se tait, surtout dans un premier temps ? Parce qu’on a peur, parce qu’on a honte. Selon la situation et la personne qui vous agresse, on se dit : ‘Et si c’était moi qui avais provoqué ça, moi, ce que je deviens, moi, mes seins…’ Ce qu’il y a de terrible, c’est que souvent la personne qui agresse n’a même pas besoin de dire ‘tais-toi’, c’est implicite, on se tait", a poursuivi la comédienne, qui déplore également "la peur de ne pas être crue". A 14 ans, elle décide finalement de parler de ce qu’elle a subi à sa grand-mère. "C’est elle qui m’a sauvé la peau – elle m’a sauvé la peau tellement de fois ! Puis j’en ai parlé à mes parents, mais c’était plus tard", a-t-elle admis. Elle indique également ne pas vouloir donner le nom de son agresseur. "Aujourd’hui, ma notoriété me permet de prendre une caméra, de trouver de l’argent pour faire ce film, et en même temps elle m’expose énormément, ainsi que beaucoup d’autres gens. Ça servirait à quoi de dire maintenant de qui il s’agit dans les médias ?", a conclu Emmanuelle Béart. 

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