Décrit comme cruel, tyrannique, sournois, lâche et bigot, Louis XI figure parmi les rois les plus décriés de l’Histoire de France. Une réputation infondée, que l’on doit en grande partie à ses adversaires politiques. Cette image peu reluisante est reprise en 1823 par Walter Scott dans son roman Quentin Durward, adapté d’ailleurs avec succès à la télévision, en 1971, par Gilles Grangier. À la suite de l’auteur écossais, Victor Hugo en rajoutera une couche avec Notre-Dame de Paris, publié en 1831, où il brosse un portrait du roi encore plus à charge.
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CAGES DE FER
Pourquoi la figure de Louis XI suscite-t-elle autant de haine ? Il semblerait qu’un ecclésiastique, Thomas Basin, soit à l’origine de l’image déplorable qui colle à ce monarque. Très proche du père de Louis XI, Charles VII, l’évêque de Lisieux, Thomas Basin, est écarté à l’avènement du jeune Louis, lequel ne tient pas ce prélat en haute estime. Ce dernier, vexé, en conçoit une haine farouche. Il prend alors une plume vengeresse pour écrire un livre en sept tomes, dans lequel il déverse toute sa bile : Histoire de Louis XI, allant jusqu’à le comparer à Caligula et à Néron !
Ses adversaires s’engouffrent dans la brèche. On le surnomme alors « universelle aragne » (araignée), à cause de la patience avec laquelle il tisse sa toile pour piéger ses ennemis. La légende noire de Louis XI s’appuie sur « les fillettes », ces cages de fer dans lesquelles il laisserait croupir ses opposants. Une histoire largement exagérée. En réalité, elles ne servent que la nuit, et leurs dimensions sont moins réduites qu’on ne le dit (2 mètres de hauteur sur 2,50 m de longueur). La journée, les détenus vivent sous surveillance dans des pièces décentes.
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Le vrai Louis XI est bien éloigné de cette image de despote cruel et cynique qu’on lui prête. L’homme pieux, d’une intelligence subtile, travaille sans relâche. Il a à coeur de redresser son royaume et se moque bien des rumeurs. Il les trouve même accommodantes. À une époque où son royaume est menacé de toutes parts par les Bourguignons, les Anglais et les autres seigneurs frondeurs, il préfère susciter la crainte que la sympathie. À sa mort, en 1483, Louis XI laisse un royaume beaucoup plus grand que celui que lui avait légué son père, Charles VII, surnommé avec dérision « le roi de Bourges ». Le fils prodigue aura apporté la paix en mettant fin à la guerre de Cent Ans, annexé la Bourgogne, la Provence, l’Anjou, le Maine et le comté de Bar (Meuse), et renforcé le pouvoir royal.
VENT DE MODERNITÉ
Mais son oeuvre ne se limite pas à la politique. Louis XI a contribué à moderniser l’économie du royaume en développant l’industrie textile. Il fait de Tours la capitale française de la soie, encourage les échanges commerciaux, notamment le négoce du vin, en améliorant les routes, ainsi que les voies navigables. Enfin, il modernise les messageries, en créant les relais de poste. On peut dire que Louis XI a oeuvré durant son règne à faire entrer le royaume de France de plain-pied dans la modernité que sera, plus tard, la Renaissance.
Secrets d’histoire, mercredi 29 janvier à 21h05 sur France 3