Secrets d’histoire (France 3) – L’affaire du collier Marie-Antoinette, une escroquerie qui fit vaciller Versailles

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
© SEP
XVIIIe siècle : retour sur  l’affaire du collier de la reine, une rocambolesque escroquerie qui entacha injustement la réputation de Marie-Antoinette.

L’affaire du collier de Marie-Antoinette

En août 1785, l’affaire du collier de la reine éclate. Une tragicomédie que ni Marivaux ni Beaumarchais n’auraient imaginée. L’escroquerie met en scène un grand dignitaire du royaume, le prince de Rohan et cardinal-évêque de Strasbourg, une aventurière, Mme de La Motte, son mari, son amant, ainsi qu’un charlatan italien, Joseph Balsamo, alias Cagliostro. À l’origine, il y a un collier. Une pièce composée de 647 diamants de 2 800 carats, dont la valeur est, à l’époque, estimée à 1,5 million de livres, l’équivalent de 8 millions d’euros. Le bijou a été commandé par Louis XV aux joailliers Boehmer et Bassenge. Le souverain souhaitait l’offrir à sa favorite, Mme du Barry. Mais le monarque meurt en 1774 avant que l’affaire n’ait pu se conclure, et les bijoutiers se retrouvent avec ce précieux objet sur les bras. Ils essaient en vain de le refourguer à la jeune Marie-Antoinette. Elle le trouve désuet, trop coûteux et son orgueil de reine ne peut s’abaisser à porter un bijou conçu pour une maîtresse, fut-elle royale. 

Une entourloupe de haut vol 

De son côté, le prince de Rohan, qui brigue le poste de ministre de la Maison du roi, cherche à gagner les faveurs de la reine, laquelle le déteste. C’est alors que la route de l’ambitieux croise celle de Jeanne de Valois, comtesse de La Motte, descendante d’un fils illégitime d’Henri II. Cette aventurière, aristocrate désargentée, est prête à tout pour retrouver la fortune due à son rang. Elle va se faire passer pour une familière de Marie-Antoinette et proposer à Rohan d’organiser, en faisant appel à une complice prostituée, une rencontre nocturne avec la reine, dissimulée derrière un bosquet. 

Avec l’aide de Cagliostro, un charlatan charismatique qui se fait passer pour alchimiste, elle parvient à lui faire croire que la reine cherche à acquérir, par son biais, le précieux collier. Rohan, convaincu, négocie le collier avec les bijoutiers. Le premier versement aura lieu en août 1785. Le cardinal demande toutefois à la comtesse de présenter le contrat d’achat à la reine et de le faire contresigner. Pas de souci. Rétaux de Villette, l’amant de la comtesse, excellent faussaire, se charge d’imiter la signature de Marie-Antoinette. Le 1er février 1785, les bijoutiers remettent à Rohan le collier, qui le confie à la comtesse. Celle-ci s’empresse, avec son mari et son amant, de dessertir les diamants. Une partie est vendue par l’amant à Paris et l’autre sur le marché londonien par son époux. 

Prison à perpétuité 

La date du 1er août arrivant, les créanciers s’en vont réclamer leur dû au roi. Le scandale éclate alors. Le roi fait embastiller Rohan. L’enquête aboutit à l’arrestation de la comtesse, de son amant et de Cagliostro. En mai 1786, le parlement de Paris, qui juge l’affaire, finit par blanchir Rohan et Cagliostro. Quant à la comtesse de La Motte, elle est condamnée à la prison à perpétuité et marquée au fer du « V » de voleuse. Mais cette affaire va cristalliser la haine du peuple contre Marie-Antoinette. Les libellés diffamatoires vont fleurir, l’accusant d’être à l’origine de cette escroquerie, et contribuèrent un peu plus à cette impopularité qui la conduira à l’échafaud. 

Secrets d’histoire, mercredi 4 novembre à 21h05 sur France 3

Par
Hacène Chouchaoui