En cette belle journée d’été, le château de Valençay (Indre), jadis propriété du prince de Talleyrand, ministre des Affaires étrangères de Napoléon, accueille le tournage de La Guerre des trônes, la véritable histoire de l’Europe. Ça tombe bien, cette huitième saison est consacrée à l’ascension de Bonaparte et à son clan, narrée avec verve et brio par Bruno Solo. L’équipe tourne la rencontre entre Joséphine de Beauharnais et Bonaparte, censée s’être déroulée en 1795 chez Mme Tallien, une élégante très influente, qui tenait le salon le plus couru de Paris. « Nous avons la chance d’avoir en France des châteaux magnifiques qui sont restés dans leur jus. C’est ce qui a permis à La Guerre des trônes d’exister, car créer de tels décors aurait coûté une fortune », explique Samuel Kissous, patron de Pernel Médias et producteur de la série.
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STÉPHANE BERN EN ROI D’ANGLETERRE
La production s’est offert une distribution exceptionnelle. On retrouve Stéphane Bern en roi George III d’Angleterre, rôle qu’il avait déjà incarné la saison précédente. « Je connais bien le château de Valençay pour y avoir tourné, il y a quelques années, un épisode de Secrets d’Histoire consacré à Talleyrand, et, pas plus tard que l’hiver dernier, un numéro dédié aux grands chefs cuisiniers, parmi lesquels Antonin Carême, qui a beaucoup oeuvré en ces lieux. Talleyrand l’avait engagé, car il croyait beaucoup à la “diplomatie des papilles” », confie l’espiègle animateur.
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La surprise est de voir surgir Michel Cymes en perruque et en costume d’époque. Le chroniqueur médical, botté de cuir noir, vêtu d’une magnifique redingote et d’une chemise à jabot, affiche prestance et autorité. Il faut dire qu’il incarne Paul Barras, l’homme le plus puissant de la Révolution depuis qu’il a eu la peau de Robespierre. On apprend au passage que ce familier du salon de Mme Tallien est accessoirement l’amant de Joséphine de Beauharnais, une jolie veuve créole alors âgée de 32 ans.
LE GLORIEUX ANCÊTRE DE MAXIME D’ABOVILLE
« Je n’avais jamais joué en costume d’époque. Alors, quand on m’a proposé ce rôle, qui plus est dans ce cadre magnifique, j’ai dit oui sans hésiter. C’est une expérience extraordinaire. Dès que j’enfile la perruque et le costume, j’entre directement dans le personnage », explique le médecin, qui avoue qu’il aurait été toutefois plus à son aise dans le rôle de Dominique-Jean Larrey, le chirurgien général des armées napoléoniennes.
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Enfin, surgit Bonaparte, incarné par Maxime d’Aboville. L’un des trésors que recèle Valençay l’a beaucoup ému. « J’ai touché la table autour de laquelle Talleyrand, Metternich et les autres diplomates se sont réunis pour redessiner la carte de l’Europe, au lendemain de Waterloo », s’enthousiasme l’acteur. Il faut dire que sa famille connaît bien l’épopée napoléonienne : « Augustin d’Aboville, l’un de mes ancêtres, général d’artillerie, a eu le bras arraché à la bataille de Wagram, et c’est Larrey en personne qui lui a conçu une prothèse, laquelle se trouve aujourd’hui au musée des Invalides », confie le comédien, pas peu fier d’adresser cet hommage posthume à son glorieux aïeul.
La Guerre des trônes, le clan Bonaparte, jeudi 19 décembre à 21h05 sur France 5