Remis de vos émotions ou pas encore ?
Mathieu Stepson : (Rires) Non, je n’ai pas encore tout assimilé et tout réalisé, mais ça va venir dans les jours qui viennent. Le réveil ce matin, c’était de dire : "Merde, ce n’était pas un rêve" (rires).
Comment avez-vous préparé le tour présenté lors de la finale ?
Je l’ai préparé un petit peu dans l’urgence parce que sorti de demi-finale, je n’avais aucune idée de ce que j’allais faire. La première semaine des trois qu’il y avait entre les deux, c’était vraiment trouver l’idée. C’est le plus dur en magie, surtout quand on a le syndrome de la page blanche. Mais là, on n’avait pas le choix, il fallait être prêts. On était en direct dans trois semaines, donc il fallait qu’il y ait quelque chose de prêt. Je suis parti au départ sur plusieurs idées, dont une qui était vraiment au-dessus des autres, sur laquelle j’ai vraiment un petit peu travaillé et passé quelques jours pour me rendre compte que c’était irréalisable à mettre en place en trois semaines et que ça allait être beaucoup trop compliqué.
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Je voyais les jours qui passaient et j’étais toujours au même point. Et puis, j’avais cette idée un petit peu dans le coin de la tête, où je voulais faire cette chose de revenir en 2017 avec des prédictions qui correspondaient à ça, mais qui, sur le papier, me semblaient un peu bateau. Il fallait vraiment trouver une mise en scène et une présentation qui allaient bien emballer la chose pour que ça ait une bonne tête. Et donc, voilà, je me suis décidé à partir là-dessus et à vraiment bosser tous les jours là-dessus pour que la mise en scène soit le mieux possible.
L’idée était originale et m’a fait penser à un certain film. Y avait-il une symbolique particulière ?
Dans un premier temps, je n’étais pas là-dessus. J’étais juste sur le fait que j’avais cette idée, juste pour parler de la technique dans la magie. C’est-à-dire, voilà, on peut faire des prédictions, des choix. Et puis, en fait, les choix correspondent à ce qui s’est passé en 2017. Et puis, en allant creuser là-dedans, je me suis dit qu’il y a une symbolique qui est vraiment cool. Moi qui fais des numéros qui ont toujours un rapport avec le voyage dans le temps. On est en plus complètement dedans. Et puis, j’avais aussi cette idée de l’image d’audition avec les jurés dans l’écran et tout.
J’ai pu l’insérer au début et retourner sur le passage d’audition et ensuite retourner en 2017. Tout se combinait bien. Quand j’ai commencé à faire le montage vidéo pour la révélation, je me suis dit : "C’est cool, Mariane qui me demande : ‘En quelle année tu es venu ? 2017’". Tout se combine bien, donc ça me plaisait. Pour l’inspiration, il y avait cette idée de chasse à l’homme, et de tout organiser pour que tout tombe comme ça, comme dans le film Insaisissables. Ils expliquent tout le tour, comment le Français était dans le public, etc. On a fait pareil.
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Est-ce que vous espériez en entrant dans l’aventure que l’un des jurés vous golden buzzerait ?
Je ne l’espérais pas, mais je le rêvais, puis surtout celui-ci, parce que je ne voulais pas sauter d’étapes. À penser au Golden Buzzers ou au Platinum Buzzer, je me disais : "Non, moi, je viens pour essayer à ce que mon spectacle fonctionne. Donc le Le but, c’est de faire de la récurrence et de faire le plus de passages possible". Donc, je ne voulais pas sauter d’étapes. Je me suis dit que s’il y a un Golden Buzzer à avoir, c’est celui des quarts de finale, parce qu’à la fois, tu ne sautes pas d’étapes et puis tu as la belle image avec les paillettes. Ça, c’est vraiment pour moi le parcours exemplaire. Et puis, du coup, c’est ce que j’ai eu donc, je ne pouvais pas rêver de faire un meilleur parcours dans l’émission.
Est-ce que quelque chose aurait pu mal se passer dans le tour que vous avez présenté pour la finale ?
Tout est millimétré, mais justement, vu que c’est millimétré, la moindre petite erreur peut tout faire foirer… Donc oui, à chaque fois, on est arrivé avec des choses qu’on n’avait jamais jouées, qui étaient des one shots pour l’émission, qui étaient en tout cas adaptées au plateau de l’émission. Donc, on n’avait pas réellement de répétition possible parce que vu qu’on utilise l’écran qui est gigantesque, évidemment, moi, je n’ai pas ça chez moi, le plateau non plus. Je me rappelle du numéro de la demi-finale où dans mon local, on a travaillé sur la musique, les déplacements, etc. Je me retrouve sur le plateau et je me rends compte que je n’avais pas les mesures exactes. Donc chaque détail était un peu compromis (rires).
Les jurés ont adoré votre prestation et n’ont pas tari d’éloges à votre sujet. Ça vous flatte, j’imagine ?
Je suis tellement en interne du numéro que pour moi, ça ne me bluffe absolument pas (rires). Je suis étonné, à chaque fois, d’avoir ces réactions de la part du jury. À chaque fois, j’ai l’impression de monter la barre un peu plus haut et de me dire : "Mais merde, qu’est-ce que je fais ?". Parce que comment je vais faire pour les bluffer encore plus ? Je suis étonné qu’à chaque fois, ça marche.
A la fin de votre tour, vous partez et ne revenez pas. Vous n’aviez pas peur que ça soit mal pris ?
J’ai proposé ça à la production. Je leur explique l’idée que j’ai du numéro, je trouvais qu’il manquait un effet final. Parce que l’effet disparition, finalement, n’a rien à voir avec les prédictions, etc. Je trouve ça bizarre si on finit les prédictions, puis je suis là. Et donc je me dis: Je veux faire une disparition, mais par contre, je ne reviens pas. Je ne reviens pas pour le débrief, etc. Donc au départ, l’équipe en régie me dit : "Non, on peut pas faire ça, on n’a jamais fait ça". Et je dis : "Justement !". Et puis, au final, la production a dit : "Non, mais si, ça sort un peu du cadre, ce que tu veux faire depuis le début, on te suit là-dessus". C’était risqué parce que forcément, le débrief allait durer moins longtemps que si j’avais été là, etc. Donc c’était un vrai choix. Un peu risqué, mais c’était un vrai choix et c’est ce que je voulais.
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Dans quel état vous étiez au moment de la révélation du gagnant ? Plutôt stressé ?
Je pense qu’on fait un petit peu tous nos statistiques dans notre tête et moi, vraiment, pour être plus honnête, je me disais : "Je pense être dans le top 5", parce que je sentais qu’il y avait un engouement, qu’il y avait quelque chose, mais pas du tout être le gagnant. Et puis effectivement, je n’ai pas tout vu. Je n’ai pas vu le numéro de tout le monde, mais j’ai vu des numéros, notamment comme la RB Dance Company. C’était tellement, tellement magnifique. Même stratégiquement parlant, moi, je suis un adepte de l’émission depuis le début. Souvent, les groupes ont gagné parce qu’ils ont plus de réseaux pour voter. Les enfants ont souvent gagné dans l’émission parce que forcément, les gens sont touchés. Je reviens à la RB Dance Company, et je me dis qu’ils sont nombreux, c’est des enfants et en plus, ce qu’ils font, c’est mortel. Donc pour moi, c’était les gagnants, clairement.
Karine Le Marchand annonce les éliminés au fur et à mesure et elle lance un Mathieu [Nina], qui n’était donc pas vous mais avez-vous eu peur ?
Pendant le prénom, il y a une montagne russe qui se crée (rires) et après on se dit : "Ah non, c’est pas moi". Il doit se passer un micro seconde entre le nom et le prénom, mais je pense que ça m’a fait un petit quelque chose (rires).
Vous vous retrouvez en duel face à Inverdance. Qu’est-ce qu’il se passe dans votre tête à ce moment-là ?
Forcément, l’étau se resserre, donc plus ça va, plus on a de chances. Mais en même temps, je me disais qu’Inverdance aussi. Elles avaient le côté groupe, et ce qu’elles font est sublime. Elles étaient sublimes sur toutes les prestations. On s’est suivies avec Inverdance, on était sur le même jour d’enregistrement des auditions, sur le même quart de finale, sur la demi-finale… On a vraiment fait un parcours côte à côte du début à la fin. À la fois, c’était cool qu’on arrive tous les deux jusqu’au bout et en même temps, je suis tellement désolé pour elles parce qu’elles méritaient tout autant d’avoir la première place.
Vous avez remporté 100 000 €. C’est énorme ! Avez-vous déjà des idées de ce que vous comptez en faire ?
Ça va servir à développer le spectacle, parce que ça coûte très cher de développer et de produire un spectacle. Donc, même si le but est de trouver une production, ou surtout une coproduction pour travailler dessus, ça va me permettre de garder un peu la main sur mon projet et de pouvoir travailler à 50/50 avec une production. Ça, ce serait vraiment le rêve idéal de ce qui pourrait m’arriver. Et puis, ça va me permettre aussi de remercier mon équipe, des gens qui travaillent depuis des années, donc ça c’est cool.
Eric Antoine vous a rapidement rejoint sur scène au moment de votre victoire. Qu’est-ce qu’il vous a dit ?
Il m’a dit qu’il était très, très fier et très, très content pour moi. Les autres jurés aussi étaient tous très contents. Ils m’ont dit : "On avait d’autres chouchous, tu n’étais pas le seul, mais on est très, très content de notre gagnant cette saison". Voilà quel a été le discours général des jurés (rires).
Quel est votre bilan de l’aventure ? Peut-on dire que la bouclé est bouclée suite à votre retour dans l’émission et votre victoire ?
Oui, complètement. Et puis moi, je suis revenu vraiment à la base avec une idée pour l’audition, en disant : "Il faut faire parler un petit peu". Mais jamais dans l’idée de faire le parcours complet et surtout de gagner. Donc en vrai, je pense que tout est possible. Tout est possible, il faut continuer d’y croire, il ne faut pas lâcher et tout peut arriver ! Je tenais aussi à remercier tous ceux qui ont envoyé un vote ou plusieurs votes, parce que c’est clairement grâce à eux. Nous, une fois qu’on est en finale, les dés sont jetés et après, ça appartient au public donc, merci à tous !