La France a un incroyable talent (M6) – Mathieu, magicien déjà passé dans l’émission, s’explique sur son retour

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:32
Julien THEUIL / M6
La France a un incroyable talent, saison 19, a fait son retour hier soir, mercredi 23 octobre, sur M6. Mathieu, magicien de profession, a surpris le jury avec son tour mais pas que ! Télé 7 jours lui a demandé pourquoi il avait le choix de revenir dans le programme 7 ans après son premier passage. 

Vous avez déjà participé à La France a un incroyable talent en 2017 et vous étiez même allé jusqu’en demi-finale. Pourquoi avoir voulu réitérer l’expérience ? 

Mathieu : Ça fait quelques années que j’y pense, que j’avais cette idée dans un coin de ma tête. Mais c’est vrai qu’entre avoir l’idée et y aller vraiment, il y a un pas et une sacrée décision à prendre. Ce qui m’a motivé, c’est que j’ai entamé le projet d’un spectacle après Incroyable Talent en 2017. Le spectacle a été créé en 2018 et fin 2018, on a fait quelques petites dates juste avant le Covid. Et puis la pandémie est venue un petit peu ravager tous les projets. Ça fait à peu près six ans que j’ai ce spectacle que j’essaie de faire tourner en autoproduction et c’est compliqué. Donc, avant de lâcher ce projet-là, je me suis dit : "Je tente un dernier coup de poker, pourquoi ne pas retourner là où tout a commencé pour voir si ça change un peu les choses".

C’est vous qui avez contacté M6 ou c’est la chaîne qui est venue vous chercher ? 

En fait, j’étais en contact avec quelqu’un qui travaillait dans le casting de l’émission, qui n’y travaille plus maintenant, mais qui y travaillait à l’époque et qui m’a dit : "Ce serait bien que tu fasses un come-back". Je n’avais rien contre l’idée, mais il fallait que je trouve le bon numéro pour y retourner. Ce numéro m’est arrivé en tête, a été un petit peu peaufiné et j’avais gardé contact avec la personne qui m’avait casté il y a sept ans. Je l’ai contacté en lui demandant si je pouvais faire un petit retour. Il m’a dit : "Je te mets en lien avec le directeur de casting actuel". Puis, il m’a appelé dans la foulée en me disant : "Est-ce que tu peux me faire une vidéo ?". Je lui ai dit : "Oui, j’ai une vidéo où je m’assois, je me filme et je ne fais rien" (rires).

Votre passage hier soir a été quelque peu déconcertant. Comment avez-vous préparé votre passage ? 

Ça joue complètement avec les codes de l’émission et c’est ça qui me plaisait beaucoup là-dedans. C’est vrai qu’autant les gens qui me connaissent, je pense que quand ils ont vu le numéro, ils se sont dit : "Qu’est-ce qu’il fait ?". Et tous ceux qui ne me connaissent pas, ont dû se demander "Qu’est-ce que c’est que ce truc-là encore ?". Dans les deux cas, il y a la surprise. L’idée m’est venue d’un ami magicien. Il est un peu anti-télé et il m’avait dit : "Moi, de toute façon, j’en rien à foutre. Je ne ferai rien, je lirai un magazine". L’idée m’est restée dans la tête et je trouvais le format génial. Personne n’a jamais fait ça mais il me fallait une chute. Je me suis dit que ça serait bien d’avoir un chronomètre avec un timing précis pour que ce soit vraiment encore plus improbable comme prédiction et la technique est venue par la suite. 

Vous connaissiez déjà Eric Antoine et le milieu de la magie est très petit. Tout le monde se connaît. Comment avez-vous fait pour garder la surprise jusqu’au bout ?

Tout simplement, en ne disant rien (rires). Mais oui, c’est vrai que c’est un petit milieu, on se connaît tous, effectivement. La toute première fois que j’ai rencontré Eric, c’était juste avant mon passage en 2017, à la sortie d’un spectacle. On avait un ami en commun, et puis, Eric, très gentil, m’a proposé d’aller prendre un verre avec son équipe après le spectacle. Je me rappelle lui avoir raconté comment je travaillais à l’époque, que je faisais la manche aux tables des restaurants pendant les saisons d’hiver et d’été. Et un an et demi, deux ans après, quand je suis venu sur le plateau, il se rappelait de ça et avait pris le micro pour expliquer aux gens d’où je venais. Ça m’avait énormément touché. Évidemment, après l’émission, on est resté en contact. On s’est croisé sur des événements privés. Il m’a invité à son Festival de magie à plusieurs reprises. Il a également accueilli la toute première de mon fameux spectacle dans son théâtre qu’il avait à l’époque. C’est quelqu’un qui suit beaucoup les candidats et donc on a vraiment gardé une connexion. 

Comment êtes-vous parvenu à faire buzzer Eric Antoine au moment voulu ?

Je voyage dans le temps. Je vis les choses une première fois, je reviens et après, j’ai toutes les infos (rires). C’est vachement pratique. Pour être honnête, je n’ai jamais autant douté d’aller présenter quelque chose parce que le format était spécial. J’étais conscient que le format allait plaire à la chaîne, à la production, parce que vraiment, dans les codes de l’émission, on est sur ce que j’appelle le syndrome Suzanne Boyle. Cette personne arrive, tout le monde se fout d’elle parce qu’elle n’a pas l’aspect esthétique de la télévision. Elle commence à chanter et tout le monde est la bouche ouverte tellement c’est fou. C’est ce que je cherche, c’est l’ADN de l’émission. Je savais que ça allait plaire, mais comment ça allait être perçu par le jury, ça, par contre, ça me stressait énormément… Je voyais déjà Marianne James me dire : "Il y a des artistes qui viennent risquer leur vie sur cette scène et toi, tu te permets de venir et de faire ça". J’appréhendais beaucoup aussi la réaction d’Eric Antoine… Il a une culture magique incroyable et pour 95% voire, 99% des effets, il va avoir une explication, lui, dans sa tête rationnelle de comment ça fonctionne.

Donc ça passait ou ça cassait ?

Exactement. Et vraiment, je ne savais pas du tout comment ça allait être perçu. Les trois jours avant, je n’ai pas trop dormi (rires). J’étais entre "c’est une idée de merde" et "c’est une idée géniale". Les trois heures avant le tournage, dans ma tête, c’était plus une idée de merde (rires). Si jamais il y a une suite, il faudra surprendre autrement.

Par
Kahina Boudjidj