La France a un incroyable talent (M6) – Danielle, la stand-uppeuse de 80 ans revient sur son passage : “Je suis comme Alice aux pays des merveilles”

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 17:32
Julien THEUIL / M6
Hier soir, mercredi 23 octobre, M6 a diffusé le premier numéro de la saison 19 de La France a un incroyable talent. Parmi les candidats qui ont fait sensation ? Danielle, 80 ans et stand-uppeuse. Télé 7 jours a échangé avec la candidate ravie de faire partie de l’aventure. 

Comment avez-vous été approchée pour La France a un incroyable talent ?

Danielle : Ils sont venus me chercher, puis je n’ai pas encore compris pourquoi (rires). Sur le moment, évidemment, je me sous-estime énormément, vu l’âge auquel j’ai commencé à jouer. J’avais pris deux cours de stand-up, ce n’est rien du tout. J’étais très surprise qu’on me contacte surtout que ce n’était vraiment pas du tout mon ambition, loin de là. Je n’ai pas hésité et je pense qu’ils savent ce qu’ils font. Je leur fais confiance. Comme je suis toujours en sous-estime, je me suis dit : "Je vais aller faire les sélections et comme je ne serai pas sélectionnée, ça va s’arrêter là". Au moins, j’aurais été une fois aux sélections. Et puis, d’étape en étape, à chaque fois, je me disais : "C’est la dernière". Et puis voilà, c’est comme ça que ça s’est passé.

Comment vous êtes-vous préparée pour votre passage ?

Écoutez, je me suis laissée guider par mon vieux cerveau (rires) en lui disant que ce sont des professionnels en face. Pour une fois dans ma vie, je vais être obéissante, je fais ce qu’on me dit et on ne verra bien. De toute façon, on n’allait pas m’envoyer des tomates sur scène vu le prix des fruits et légumes maintenant (rires). J’ai été extrêmement surprise par ce qui s’est passé. Je suis encore en train de descendre de mon petit nuage. 

Avez-vous ressenti une certaine pression en montant sur scène ? 

J’ai l’habitude de monter sur scène, mais on est parfois quatre ou cinq (rires). Là, on ne voit pas du tout la scène, ni la salle avant, je n’avais rien vu, je ne savais pas du tout où j’allais. Quand j’ai vu la taille de la scène et la lenteur avec laquelle je marche… Ça a permis une vanne d’Eric Antoine dont je ne me rappelais pas mais qui m’a permis de lui répondre et je ne me suis pas démontée dans la réponse. Je suis spontanée, je dis ce que je pense et surtout, je pense ce que je dis. Je le dis d’abord et je réfléchis après, tout en restant correcte.  

Aviez des appréhensions par rapport à Sugar Samy, qui fait, lui aussi, de l’humour ?

Il a été adorable et il l’est vraiment quand il n’est pas dans son rôle de “méchant”, comme certains peuvent le percevoir. Il est très grand donc il est un petit peu impressionnant, on va dire (rires). Il fait à peu près à 1 mètre 80, mais il est tout doux, tout gentil. Il m’ a dit que c’était une  compétition, qu’il était gentil mais qu’il devait parfois pimenter l’émission.

Justement, comment se lance-t-on dans une carrière d’humoriste aussi tardivement ?

Je crois que la parole m’a été donnée. Quand j’étais tout petite, je faisais marrer tout le monde. J’étais toujours la meilleure à l’école mais j’étais celle aussi qui passait le plus au conseil, parce que je faisais marrer les copains. Mais bon, l’humour sur scène, ce n’est pas la même chose que de faire rire  une pote ou autour de la machine à café quand on est au travail. J’ai toujours adoré ça. Là où je suis contente c’est que la révolution informatique  a vraiment changé ma vie. J’ai commencé à regarder des vidéos tous les soirs, des vidéos de One Man Show, etc. J’ai aussi fréquenté les émissions de Laurent Ruquier en étant dans le public de On ne demande qu’à en rire par exemple. Aussi, presque tous les soirs, j’allais voir des spectacles de gens pas connus mais aussi de gens connus. Je commençais  à vivre le soir. Je fais tout à l’envers, je vis ma jeunesse maintenant (rires).Il y avait un comedy club tenu par une dame encore moins jeune que moi qui m’a proposé de participer à une scène ouverte. J’avais 69 ans et elle me disait qu’il y avait plein de scènes avec des jeunes mais qu’avec moi, ça sortirait de l’ordinaire. 

Et vous avez donc accepté ? 

Elle m’avait dit : “Vas-y, tu n’as rien à perdre”. Elle a insisté mais moi je ne voulais pas au début. J’ai finalement essayé une fois après qu’elle m’ait dit que si je n’acceptais pas, je ne pourrai plus venir dans son établissement (rires). Je la remercie tous les jours, de m’avoir poussée, parce que je ne l’aurais pas fait sinon et je ne serais pas à La France a un incroyable talent aujourd’hui. J’ai l’impression d’être Alice au pays des merveilles (rires). 

Vous jouez quelque part actuellement ?

Oui, je joue tous les 15 jours dans un petit club qui s’appelle Le Paris de l’humour. Je joue en binôme avec un jeune homme. C’est intergénérationnel. On improvise beaucoup, il n’y a pas de censure, ce n’est pas la télé. Du coup, là, depuis que je suis passée, j’ai beaucoup moins peur. Avant, j’avais même peur de jouer dans une salle de 40 personnes. Le directeur du théâtre m’avait dit : "On peut vous prolonger pendant trois mois". Et je lui ai dit : "Non, je refuse de jouer dans une salle où il y a moins de 800 personnes" (rires). On va être programmé jusqu’à fin décembre. Et pendant ce temps-là, je suis en train de réécrire la suite de mon spectacle. Je suis beaucoup plus en forme et c’est chouette de vivre ça ! 

Par
Kahina Boudjidj