L’idée d’Inverdance vous est venue pendant le confinement… Pouvez-vous nous en dire davantage sur la genèse de ce projet ambitieux ?
Mae : Avec mon statut d’entraîneure, et le fait que je sois hyper active, c’était dur de rester sans rien faire. Je pense que beaucoup de Français ont eu la sensation, pendant le COVID, d’être bloqués, que la vie s’est arrêtée. Et d’autant plus, moi, avec mes élèves, je voulais quand même continuer de les faire travailler, d’essayer un petit peu de leur changer les idées, tout comme moi. Je me suis filmée, j’ai mis ça sur le réseau et les élèves, mes amis, copines, parce que ce n’est pas que des élèves, ce sont aussi des amies, ont refait la même chose et je leur ai promis, à la fin du confinement, de se louer une salle et de faire une méga chorégraphie toutes ensemble. On l’a fait et pour moi, pour nous, ça a été la révélation. Et c’est à partir de là que j’ai décidé d’ouvrir mon école, de tout lâcher en fondant l’association Inverdance en 2022
Comment cette idée vous est-elle venue à l’esprit ?
C’est un ami qui m’a offert ce tabouret d’inversion, et qui m’a dit : "Si tu arrives à danser inversée, ça fera un peu comme la natation synchronisée, sauf que tu es hors de l’eau. C’est vraiment parti de là. Et après, c’est vrai que le fait d’être huit, du moins un groupe, et de créer une chorégraphie toutes ensemble, ça apporte quelque chose, mais une danseuse peut aussi danser sans pour autant avoir fait de la natation synchronisée auparavant. C’est vraiment de la danse, de l’expression. Je pense que c’est vraiment venu de là. J’ai voulu exprimer ma solitude et mon désarroi face à ce confinement, parce que quand j’étais en post-partum, c’était une période compliquée et il fallait que je me change l’esprit, partir sur autre chose, rebondir. Ça m’a fait sortir de cette mauvaise phase-là. Dans la vie, soit on avance, soit on n’avance pas. J’ai décidé d’avancer et de créer quelque chose que personne n’avait fait. Après, il y a beaucoup d’embûches à ça, parce que de créer quelque chose, c’est un sacré parcours (rires).
Le groupe que vous avez formé sur scène ce soir a-t-il été créé spécialement pour l’émission ?
Non pas vraiment, ce sont des élèves mais pas que, puisqu’il y a aussi des personnes qui étaient déjà dans mon entourage. Et surtout, ce sont les premières qui ont cru en la discipline. En plus de ça, j’ai de la chance parce qu’elles sont très fortes mais il y a aussi une question de partage de valeurs. Je voulais prendre des filles qui ont cru en moi directement et qui n’ont pas hésité, parce qu’au début, encore une fois, quand on crée quelque chose et en plus quelque chose de nouveau, je me suis souvent sentie un peu vue comme une illuminée (rires). Même s’il y a des différences d’âge, on est beaucoup dans l’entraide et surtout dans la passion, la cohésion… Le but, c’est qu’on soit déjà toutes passionnées. On est des compétitrices, des challengers et surtout, on est très fières de montrer ça et d’être les premières qui le font à la télé en France. Rien que ça, c’est une concrétisation.
Est-ce la production qui est venue vous chercher pour participer à l’émission ?
En toute honnêteté, je me disais : "OK, 2025, on essayera de faire le casting". En fait, on m’a appelé avant (rires). Je rêvais de le faire ! Ça a toujours été dans mes objectifs de vie. Jusque là je n’avais pas encore fait de danse donc je ne pouvais pas encore prétendre à un passage dans l’émission mais La France a un incroyable talent était toujours dans un coin de ma tête. C’est pour ça que quand on m’a appelée, j’ai cru que c’était une blague (rires). J’ai beaucoup été émue parce qu’encore une fois, je suis quelqu’un qui doute beaucoup, donc j’avais peur que ça n’intéresse pas, que ça ne passe pas…
Quel est votre objectif en participant à La France a un incroyable talent ?
J’aimerais qu’on fasse une troupe, qu’on puisse faire des spectacles, qu’on puisse faire plein de choses. J’ai envie de rien et j’ai envie de tout (rires). Du moment que ça se développe, et qu’on puisse montrer cette discipline au plus grand monde et l’officialiser, ça me va. Je suis ouverte à tous les projets surtout que je suis une artiste, du moins une entraîneure et une passionnée donc, j’accepte tout ce qui pourra me faire avancer. En tant que maman et femmes qui ont des emplois à côté, on ne se serait jamais imaginé en arriver là, c’est une fierté énorme d’être entourée des bonnes personnes.
Votre passage sur scène, face au jury, s’est extrêmement bien passé. C’est une forme de reconnaissance pour vous ?
J’étais très émue au moment où on a fini notre prestation, même sans avoir les commentaires. C’était déjà concret pour moi, juste le fait d’arriver et de proposer de l’Inverdance donc pour moi, à travers ce passage, c’est déjà une concrétisation. Rien que d’avoir créé une chorégraphie et que ça plaise, j’ai trouvé ça fou ! Après, bien sûr qu’avec des éloges et des compliments de ces personnalités-là, ça m’a encore plus touchée et encore plus déterminée pour la suite. L’Inverdance, je veux vraiment la développer partout en France et même dans le monde, parce que j’ai la fierté de dire qu’on est les seules. En plus, je suis très fière que ça vienne des Français, qu’on soit françaises.
Le mot de la fin ?
Inverdance, c’est ouvert à tout le monde. Il n’y a que des filles pour l’instant, mais c’est ouvert à tout le monde. Pour l’instant, j’ai 40 adhérentes mais encore une fois, j’espère que ça va encore plus se développer et qu’on va pouvoir montrer cette discipline partout en France et dans le monde !