Après les quarts de finale, vous voilà en demi-finale ! Commencez-vous à ressentir une certaine pression ?
Jordan/ Créatine Price : Non, je n’ai pas vraiment de pression (rires). Je suis heureux d’être là, je suis juste là pour les vibes donc voilà, quand Karine Lemarchand a dit : ‘Créatine Price", j’ai dit : ‘Oh merde !’ (rires). Parce que j’avais l’impression que je n’allais pas aller aussi loin, donc je ne sais pas, j’ai commencé à me dire qu’est-ce que je vais chanter ? Est-ce que j’ai une idée d’un numéro qui est vraiment puissant, qui va me permettre d’aller jusqu’en finale ? Et là, je me dis si ça se passe bien, ça veut dire que je pourrai aller en finale ? Je ressens plus de l’excitation que de la pression.
Suite à votre anecdote sur la création de votre costume, comment allez-vous vous en sortir pour la suite ?
Maintenant, j’ai un créateur qui est à New York. Il s’appelle Luis et je l’ai trouvé par hasard (rires). Un de mes amis m’a dit : ‘Il y a un autre créateur qui fait beaucoup de costumes pour les drag queens ici à New York, qui s’appelle Nicolas’. Et quand je lui ai demandé, il m’a dit qu’il n’avait pas le temps mais qu’il avait un ami qui fait vraiment fait des robes spectaculaires. J’ai dit OK (rires). Il est Colombien, et il est vraiment incroyable ! Il fait des robes très belles et c’est justement lui qui s’est occupé de ma robe pour la demi-finale.
Comment vous sentez-vous quand vous êtes Créatine Price et non Jordan ?
Je me sens plus que moi. Je me sens comme une vraie diva. Quand j’ai terminé mon maquillage, et que je me regarde dans le miroir, je me dis : ‘OK, elle est arrivée. Elle est là’. C’est quelque chose qui me fait vraiment vivre sur scène, j’ai l’impression d’être une autre personne. Quand je suis sur scène, je ne suis plus Jordan, ce n’est pas moi mais Créatine Price. Ce sont deux choses dissociées.
Aimeriez-vous faire passer un message aux téléspectateurs ?
Je voulais dire ce que j’ai dit sur scène. J’ai dit que les drag queens sont des humains aussi. Nous avons des émotions, on a des sentiments juste comme les autres. En cherchant à être un artiste, on demande du respect, on demande juste d’être acceptées comme nous sommes. Il faut que le monde apprenne que les drag queens sont des humaines aussi. Quand je vois des commentaires, sur Instagram, qui sont négatifs, et qui vont parfois même jusqu’à la haine, je me demande pourquoi ? Pourquoi la personne a écrit ça ? Tu prends autant de temps dans ta journée si limitée ici sur Terre pour faire ça, pourquoi ?
Comment vivez-vous le fait d’être aux portes de la finale ?
J’ai l’impression que si ça termine ici, ça roule pour moi, c’est ok. Parce que j’ai vraiment l’impression que j’ai fait quelque chose de nouveau, que j’ai essayé de faire de mon mieux, vous comprenez ? Donc, dans mon coeur je n’ai aucun doute sur le fait que j’ai déjà gagner en allant aussi loin. Pour moi, juste d’être arrivé jusqu’ici est un succès, un accomplissement. Si je ne gagne pas, ça ne me touche pas car le fait d’être inclus, d’être sur scène, était déjà énorme pour moi.
Comment avez-vous vécu la rencontre avec Marianne James que vous ne connaissez que numériquement ?
Elle m’a dit que c’était incroyable que je sois là, elle était très émue. Elle a complètement adoré ce que j’ai fait et moi je l’ai adorée. On a discuté un peu et je suis complètement fan de Marianne James dans tous les sens du terme, parce que comme elle dit toujours : "Vous êtes formidable". Et c’est elle qui est formidable ! C’est vraiment une femme qui m’inspire, une artiste qui m’inspire beaucoup. Elle me touche vraiment.