La France a un incroyable talent (M6) – Créatine Price, la drag queen tout droit venue des Etats-Unis se confie : « Voir Marianne pleurer m’a fait réaliser que j’étais à ma place »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:46
Julien THEUIL / M6
Ce mercredi 11 décembre, La France a un incroyable talent revient pour une nouvelle partie de ses quarts de finale. Créatine Price va devoir tenter une nouvelle fois de convaincre les jurés afin d'espérer faire partie des candidats sélectionnés. On a échangé avec la drag queen tout droit venue de New York City ! 

Qui se cache derrière Créatine Price ? 

Jordan/ Créatine Price : Je m’appelle Jordan Pitts. Je viens de Buffalo, mais j’habite à New York City depuis 10 ans. J’ai 34 ans et je crois que c’est déjà assez d’informations (rires). 

Quand avez-vous commencé votre carrière de chanteur d’opéra ? 

J’ai trois carrières : celle de chanteur d’opéra, de chanteur lyrique, ma carrière de Drag Queen mais je bosse aussi dans une entreprise de conseil. J’ai commencé à chanter quand j’étais très petit, très jeune. J’ai décidé d’aller à l’école, à l’université, mais j’avais des talents pour le chant et puis, je voulais danser, je voulais être dans des comédies musicales, jouer au théâtre quand j’étais au lycée mais mes parents ne l’ont pas accepté. Ils m’ont dit : ‘Non, il faut faire des études et chercher un boulot plus safe’.

Vous avez pris des cours de chant ?

J’étais déjà chanteur mais j’ai pris des leçons. Depuis tout petit, ma mère m’a dit : ‘Si tu veux chanter, tu peux’. Mais évidemment, je crois qu’elle n’avait pas à l’idée que je voudrais en faire mon métier (rires). J’ai pris des leçons avec un coach vocal ainsi que des cours de piano et de guitare. 

Comment vous êtes-vous lancé dans le monde des Drag Queen ?

C’était vraiment bizarre pour moi parce que je n’avais jamais vraiment eu une idée de ce que c’était d’être une drag queen. À l’époque, on ne voyait pas vraiment ce genre de personnes à la télévision à part RuPaul. Donc quand j’étais plus jeune, je ne me suis pas dit que je voudrais devenir drag queen mais je me posais plutôt la question de quel genre d’artiste est-ce que je voudrais être. Parce que quand j’étais à l’université, j’avais des amis qui étaient drag queen mais c’était quelque chose dont je n’avais pas  forcément envie. C’est vraiment quand j’ai déménagé à New York, après avoir étudié à Boston, puis à Copenhague, que j’ai rencontré de vraies drag queens.

À cette époque j’étais gogo dancer parce que j’avais besoin d’argent pour payer mon loyer et qu’il fallait bien manger, surtout que c’est difficile de trouver sa place quand on est chanteur d’opéra. Et donc un jour, j’étais en boîte et j’ai rencontré un ami qui m’a dit qu’il fallait que j’essaie d’être une drag queen. Il m’avait dit : ‘Tu as vraiment un visage qui peut le faire’. Au début, j’ai dit non puis j’ai essayé deux ou trois fois et j’ai beaucoup aimé. Ça a vraiment changé mon attitude. C’était une espèce de liberté. J’ai aimé le fait que ça ne soit pas cisgenré, que ça ne soit pas si rigide parce qu’autant j’étais vraiment masculin, avec un corps très musclé, autant, c’était vraiment une libération de ma vision du genre.

Comment avez-vous choisi votre nom de scène ? 

J’ai choisi Créatine Price parce  que c’est un nom qui ressemble à Leontyne Price, l’une des plus célèbres sopranos du monde de l’opéra. Elle est noire, soprano, américaine, et est toujours vivante. Donc ça c’était pour le Price et Créatine c’est parce que ça rime avec Leontyne (rires). 

Est-ce M6 qui vous a contactée pour participer à La France a un incroyable talent ? 

Oui, c’est eux qui m’ont contacté parce que j’étais connecté avec Marianne James. C’était complètement random en 2021, je crois, elle m’a découvert sur Instagram et m’a ajouté. Elle a trouvé une vidéo de moi en train de chanter Carmen en drag et à l’époque, j’avais un autre nom de scène. Elle m’a dit : ‘C’est vraiment cool, tu chantes bien Carmen, ta voix, ton français, tout est cool’. On a discuté assez régulièrement parce qu’elle était vraiment impressionnante, elle était cool, elle était comme une amie que je connaissais déjà depuis des années. Puis, en janvier ou février 2024, les producteurs m’ont contacté et m’ont demandé si j’étais ami avec Marianne James. J’ai dit qu’on pouvait dire ça mais qu’on ne s’était encore jamais rencontré en vrai. Et de là, on m’a proposé de participer à l’émission mais sans le dire à Marianne pour éviter de fausser la surprise.

Elle s’est mise à pleurer quand elle vous a vue entrer sur scène. Ça vous a touchée ?

Bien sûr ! J’étais très ému. Je pense que voir Marianne pleurer lors des auditions m’a fait réaliser que j’étais en quelque sorte au bon endroit. Ça m’a énormément touché et je me suis vraiment sentie à ma place. 

Avez-vous confectionné vous-même votre costume de scène ?

Ah ça… C’est une longue histoire (rires) ! J’avais un créateur, un costumer, un designer, basé à Atlanta et qui fait des robes pour les drag queens partout, etc. Je l’ai contacté, je lui ai dit : "Est-ce que tu peux faire une robe pour moi ? Parce que je vais passer à la télévision en France. C’est vraiment quelque chose de grandiose". Il m’a dit pourquoi pas et m’a demandé de lui envoyer mes mensurations pour ma robe. Donc je lui ai envoyé des photos, j’ai payé le premier versement et en fait, il ne m’a jamais envoyé ma robe… Il m’a volé presque 1500 dollars… Et ça, ça s’est passé juste une semaine avant les auditions. Il m’a complètement ghosté, il m’a bloqué sur Instagram. La robe que j’ai portée sur scène pour les auditions, c’était quelque chose que j’ai fait moi-même avec ma Drag Mother, qui m’a aidé parce que j’étais complètement paniqué, surtout que c’était la première fois que j’allais à la télévision… 

Rendez-vous ce mercredi 11 décembre à 21h10 sur M6 pour découvrir si oui ou non, Créatine Price sera sélectionnée pour les quarts de finale de La France a un incroyable talent. 

Par
Kahina Boudjidj