La France a un incroyable talent (M6) : La suspension capillaire, une pratique tirée par les cheveux ? Léa se confie !

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:47
Guillaume Mirand/ M6
La France a un incroyable talent est de retour ce mercredi 4 décembre sur M6 L'heure d'annoncer le nom des candidats qualifiés pour les quarts de finale a sonné et on a décidé de discuter avec Léa, qui pratique la suspension capillaire, avant la soirée fatidique.  

Pourriez-vous vous présenter brièvement ? 

Léa :  Je m’appelle Léa, j’ai 31 ans. Et puis, je suis artiste de cirque depuis pas trop longtemps. J’ai un parcours d’autodidacte, quand j’étais enfant je faisais de la gymnastique, du théâtre. J’aimais les arts du cirque, mais je n’avais jamais eu l’occasion d’en faire avant. Et puis, j’ai fait des études, j’ai fait un master en communication, en sciences politiques, etc. Et puis en fait, le cirque m’a rattrapée, d’abord comme une passion. Et en fait, au fur et à mesure que j’en faisais de manière amateur, j’ai réussi à intégrer un programme du Cirque du Soleil. Depuis trois ans, j’essaie d’en vivre, de partager et de réunir tout ce qui me passionne, à savoir l’écriture, le théâtre, la poésie, la direction artistique, etc, dans mes numéros de suspension capillaire.

Vous rêviez des arts du cirque quand vous étiez petite ? 

Léa : Quand j’étais petite, ma mère travaillait dans une scène nationale à La Rochelle. Et puis, j’ai vu mon premier spectacle de cirque contemporain des 7 doigts de la main quand j’avais peut-être 11-12 ans. Et puis, en fait, je suis rentrée dans un frigo sur scène et j’ai vu des des jeunes adultes qui faisaient des acrobaties de haut niveau et du théâtre sur scène, c’est à partir de ce moment-là que je me suis dit que c’est exactement ça que je voulais faire. Parfois dans la vie, c’est un petit peu difficile d’arriver à déjà aller vers ses rêves parce qu’il y a plein d’obstacles, mais c’est à ce moment-là que je savais que la graine avait été plantée et que je voulais faire ça. Après, c’était plus une question de tu es bonne à l’école, et puis c’est dur d’être artiste, tu as passé l’âge, etc. 

Votre famille vous a-t-elle dissuadée de vous tourner vers le cirque ? 

Ça n’a jamais été formulé dans ce sens-là, parce qu’on m’a toujours encouragée à faire ce que j’avais envie de faire, mais on m’a surtout mise en garde par rapport au milieu artistique et créé des peurs. Et je pense qu’après, j’ai été responsable d’avoir interprété les choses comme ça, et ça m’a pris du courage de déconstruire tout ça et d’arriver à aller vers ce dont j’ai vraiment rêvé en oubliant en fait ce que j’allais vivre comme ne pas avoir de sous ou encore être dans l’insécurité. Mais je suis heureuse et c’est le plus important. 

Comment vous êtes-vous lancée dans la suspension capillaire ? 

C’est une des disciplines qui permet de pouvoir vraiment jouer au théâtre, parce qu’on a les pieds et les mains libres. Et puis on vole, et je pense que c’est le rêve de toutes les petites filles, de voler (rires). Donc voilà, il y a quelque chose de ça. Et puis j’ai toujours eu un gros lien, je ne sais pas pourquoi, avec la tradition et les arts traditionnels et puis la suspension capillaire qui est une technique traditionnelle du cirque, où il y a un secret derrière. À savoir comment on fait le noeud, qui nous donne accès à cette connaissance-là. Il y a 45 minutes de préparation. Ça m’a vachement passionnée de comprendre l’histoire derrière, qui avait créé ça. Et puis, en fait, j’ai trouvé ça extraordinaire. C’est une discipline qui ne demandait qu’à être  dépoussiérée.

Comment faites-vous pour gérer la douleur au niveau de votre crâne ?

Comme tout, la douleur, c’est quelque chose que l’on déconstruit quand on la comprend. Et puis, il y a une énorme partie, il y a 80% aussi, du mental. C’est comme si vous mettez un appareil dentaire, ça fait extrêmement mal mais vous comprenez pourquoi vous avez mal. Et donc, vous acceptez et même vous vous familiarisez avec cette douleur. La suspension capillaire c’est apprendre à déconstruire les peurs de tomber, de se faire mal, que notre peau s’arrache, tout ça. Et au fur et à mesure du coup, il y a moins de douleur externe et ça reste une douleur résiduelle. Donc c’est vraiment comme une douleur de si on vous pince sans vous prévenir ou des choses comme ça, ça va être une douleur qui change tous les jours, en fonction aussi de si on a nos règles, etc. Mais je dirais qu’il y a 4-5 minutes pour pouvoir passer un cap, et que j’arrive à le passer avec des techniques de respiration, de mentalisation, de distraction, et ensuite ça va bien.

Est-ce M6 qui est venu vous chercher pour La France a un incroyable talent ?

Je n’étais pas du tout tentée par l’aventure de la télé et j’étais plutôt contre. En fait, ce que j’aime dans le monde du cirque, c’est qu’on joue dans quelque chose qui est plus contemporain, on va dire, et puis on écrit vraiment de la poésie avec notre corps, et puis ça demande du temps. Il n’y a pas besoin de faire silence sur le plateau télé, ce qu’on voit souvent c’est de la technique pour de la technique. Le public attend cette grosse technique-là et applaudit parce que c’est impressionnant. Et du coup, quand on a envie de faire du cirque, on raconte des histoires et ça demande un petit peu de temps, alors trois minutes pour créer un numéro, c’est très très très court pour pouvoir recréer quelque chose. C’est vraiment un challenge. Et puis je me suis dit, si ça te fait peur, ça veut dire qu’il y a quelque chose à travailler. 

Aviez-vous des objectifs en entrant dans l’émission ? 

Quand je me suis décidée à y aller, j’ai écrit quatre numéros qui sont sur quatre moments de notre vie vis-à-vis d’une discipline, d’un art, ou d’une rencontre, etc. Et puis, en fait, je vais un peu aussi me reculer parce que je suis très existentielle, et minimaliste pour pouvoir prendre soin de moi à côté et nourrir mes autres passions. En fait, j’ai été inspirée pour ces quatre numéros et je n’avais pas vraiment d’objectif, mais je me suis dit que c’était une bonne opportunité pour expérimenter aussi des choses qui me tiennent à cœur, à savoir faire de la danse artistique, de la mise en scène, et du coup, avoir des moyens mis en place avec le décor, les lumières, etc.

Rendez-vous ce soir dès 21h10 sur M6 pour découvrir la suite de l’aventure de Léa dans La France a un incroyable talent. 

Par
Kahina Boudjidj