Rachat de Warner Bros : Nouveau retournement de situation ! Netflix fait une proposition plus avantageuse

Publié le 20 janvier 2026 à 17:41
Netflix
L’accord entre Netflix et Warner Bros. Discovery évolue encore… Alors que la fusion semblait actée, le géant du streaming a revu les termes de son offre en profondeur, optant désormais pour une transaction intégralement en numéraire. Un changement stratégique majeur qui rebat les cartes du dossier. 

La tentative de rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix ne se joue plus seulement sur le terrain économique… À la veille des Golden Globes, le débat avait pris une tournure ouvertement politique après l’intervention publique de Donald Trump, qui a relayé sur son réseau social un éditorial de la chaîne conservatrice One America News intitulé “Stop the Netflix Cultural Takeover”. Signé par l’avocat John M. Pierce, le texte appelle explicitement les autorités fédérales à bloquer la fusion, accusant Netflix d’imposer une vision idéologique et de s’arroger une position dominante dans le paysage culturel américain.

Ted Sarandos prend la parole  

Face à cette sortie présidentielle, Ted Sarandos a choisi la retenue. Interrogé par le New York Times le vendredi 16 janvier, le co-PDG de Netflix s’est dit surpris par ce geste, tout en refusant d’y voir une attaque directe contre son groupe. "Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. On n’a jamais parlé de ce qui était écrit dans cet article. Je n’ai pas envie de sur-interpréter non plus", a-t-il déclaré. Un ton volontairement apaisé, alors même que l’article partagé par Donald Trump vise frontalement la stratégie de Netflix.

Ted Sarandos insiste sur le fait que le dialogue avec la Maison Blanche reste ouvert, rappelant qu’il est toujours en contact avec Donald Trump, bien que leur dernière rencontre officielle remonte à novembre. Selon lui, cette prise de position relève avant tout d’une logique économique. Le président chercherait surtout à "préserver les emplois et l’industrie" hollywoodienne. "J’ai compris qu’il considère ce secteur comme essentiel. C’est un secteur qu’il apprécie beaucoup et auquel il s’intéresse donc de près", a ajouté le dirigeant.

Un climat politique sous haute tension…

L’éditorial relayé par Donald Trump accuse Netflix de "promouvoir des discours progressistes tout en réprimant les points de vue dissidents" et d’incarner un "monopole médiatique woke". Il met également en avant les offres concurrentes de Paramount Skydance, toutes refusées jusqu’ici par Warner Bros. Discovery. Un détail loin d’être anodin, alors que David Ellison et son père Larry, fondateur d’Oracle, sont réputés proches de l’administration Trump. Dans ce contexte, Ted Sarandos a tenu à rappeler que le projet Netflix-Warner Bros. est déjà solidement engagé.

"Ce que les gens souhaiteraient, c’est qu’il n’y ait pas d’accord. Mais ce n’est pas possible. Cet accord comporte deux issues possibles, et nous avons déjà un accord signé" depuis le 5 décembre dernier, a-t-il martelé. Le patron de Netflix balaie également les inquiétudes liées à une concentration excessive du pouvoir à Hollywood, préférant mettre en avant une logique de complémentarité industrielle. "En rachetant le studio, nous sortirons ensemble plus de films qu’en les produisant séparément. Nous prévoyons d’augmenter les investissements dans la production de contenus des deux sociétés fusionnées dans les années à venir", a-t-il assuré.

Une opération revue 

Depuis, Netflix a ajusté les termes de son offre en optant pour une transaction entièrement en numéraire. Warner Bros. Discovery reste valorisé à 27,75 dollars par action, mais la part de 4,50 dollars en actions Netflix, prévue dans l’accord initial, a été supprimée. Discovery Global, qui regroupe notamment CNN, TNT ou Food Network, demeure exclu de la proposition. La scission annoncée de Warner Bros. Discovery en deux entités devrait toujours intervenir dans les six à neuf prochains mois, avant la prise de contrôle par Netflix des activités studio et streaming. Malgré les turbulences, Netflix et Warner Bros. Discovery continuent d’afficher leur unité. Les deux groupes estiment que l’accord "offre une certitude accrue" aux actionnaires en "éliminant la volatilité liée aux marchés". L’opération, toujours valorisée à 82,7 milliards de dollars, pourrait conduire à un vote des actionnaires d’ici avril 2026.

David Zaslav, président-directeur général de Warner Bros. Discovery, s’est montré résolument optimiste comme le rapporte  Deadline : "L’accord de fusion révisé annoncé aujourd’hui nous rapproche encore davantage de la combinaison de deux des plus grandes entreprises de narration au monde, permettant à un public toujours plus large de profiter des divertissements qu’il aime le plus regarder". Et d’ajouter : "En nous associant à Netflix, nous unirons les histoires que Warner Bros. raconte et qui captivent le monde depuis plus d’un siècle, afin de garantir que les publics continuent d’en profiter pendant des générations". 

Ted Sarandos confiant concernant le rachat

Ted Sarandos, de son côté, a réaffirmé le soutien total du conseil d’administration de WBD : "Le conseil d’administration de WBD continue de soutenir et de recommander unanimement cette transaction, et nous sommes convaincus qu’elle offrira le meilleur résultat pour les actionnaires, les consommateurs, les créateurs et l’ensemble de l’industrie du divertissement". Avant de conclure : "Notre accord révisé, entièrement en numéraire, permettra d’accélérer le calendrier menant au vote des actionnaires et d’apporter une plus grande certitude financière (…) Ensemble, Netflix et Warner Bros. offriront un choix plus large et une plus grande valeur aux publics du monde entier". Affaire à suivre.

Par
Kahina Boudjidj