Rachat de Warner Bros par Netflix : Ted Sarandos tente de calmer le jeu après l’implication de Donald Trump et évoque “deux issues possibles”

Publié le 19 janvier 2026 à 10:12
Netflix
Face à l’offensive politique lancée par Donald Trump contre le rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix, Ted Sarandos a choisi la retenue. Interrogé par le New York Times, le patron du géant du streaming s’est dit surpris par cette prise de position présidentielle, tout en refusant d’y voir une attaque directe. 

La tentative de rachat de Warner Bros. Discovery par Netflix ne se joue plus seulement dans les conseils d’administration et les cabinets d’avocats… Elle s’est désormais invitée sur le terrain politique, au plus haut niveau de l’État américain. Alors que le géant du streaming a obtenu l’aval du conseil de WBD pour une opération estimée à 83 milliards de dollars, l’irruption publique de Donald Trump dans le débat vient fragiliser l’équilibre et offrir une fenêtre d’opportunité à des concurrents comme Paramount et David Ellison.

Ted Sarandos prend la parole après Donald Trump

Tout est parti d’un geste hautement symbolique. Le dimanche 11 janvier, à la veille de la cérémonie des Golden Globes, le président américain a relayé sur son réseau social un éditorial de la chaîne conservatrice One America News, intitulé “Stop the Netflix Cultural Takeover”, soit "Stop à la prise de contrôle culturelle de Netflix". Signé par l’avocat John M. Pierce et daté du 12 décembre, le texte exhorte clairement les autorités fédérales à bloquer la fusion, accusant Netflix de dérives idéologiques et d’hégémonie culturelle. Interrogé par le New York Times ce vendredi 16 janvier, Ted Sarandos a choisi de répondre sans attiser les flammes.

Le co-PDG de Netflix s’est dit surpris par cette prise de position présidentielle, tout en refusant d’y voir une attaque frontale. "Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça. On n’a jamais parlé de ce qui était écrit dans cet article. Je n’ai pas envie de sur-interpréter non plus", a-t-il déclaré, adoptant un ton mesuré. Soucieux de ne pas rompre le dialogue avec la Maison Blanche, Ted Sarandos rappelle qu’il reste en contact avec Donald Trump, même si leur dernière rencontre officielle remonte à novembre, selon The Hollywood Reporter. À ses yeux, cette sortie médiatique relève avant tout d’une préoccupation économique. Le président chercherait surtout à "préserver les emplois et l’industrie" hollywoodienne. "J’ai compris qu’il considère ce secteur comme essentiel. C’est un secteur qu’il apprécie beaucoup et auquel il s’intéresse donc de près", a-t-il ajouté.

"Deux issues possibles"

L’article relayé par Donald Trump est pourtant sans ambiguïté. Il accuse Netflix de "promouvoir des discours progressistes tout en réprimant les points de vue dissidents" et de s’imposer comme un "monopole médiatique woke". Il vante également les mérites des offres concurrentes portées par Paramount Skydance, toutes refusées jusqu’ici par Warner Bros. Discovery. Un argument qui n’est pas anodin, alors que David Ellison et son père Larry, fondateur d’Oracle et figure majeure de la Silicon Valley, sont réputés proches de l’administration Trump. Face à ces critiques, Ted Sarandos a tenu à réaffirmer la solidité du projet Netflix-Warner Bros. Il balaye notamment les craintes d’une concentration excessive du pouvoir à Hollywood.

"Ce que les gens souhaiteraient, c’est qu’il n’y ait pas d’accord. Mais ce n’est pas possible. Cet accord comporte deux issues possibles, et nous avons déjà un accord signé" depuis le 5 décembre dernier, a-t-il rappelé. Le dirigeant insiste également sur les bénéfices industriels de la fusion : "En rachetant le studio, nous sortirons ensemble plus de films qu’en les produisant séparément. Nous prévoyons d’augmenter les investissements dans la production de contenus des deux sociétés fusionnées dans les années à venir".

Par
Kahina Boudjidj