Donald Trump se mêle une nouvelle fois du rachat de Warner Bros : “Stop à la prise de contrôle culturelle de Netflix” 

Mis à jour le 20 janvier 2026 à 15:00
Pool/ABACA
Alors que la bataille fait rage entre Netflix et Paramount pour le rachat des actifs de Warner Bros., Donald Trump s’est de nouveau invité dans le débat en relayant un éditorial hostile au géant du streaming. Une prise de position qui relance la dimension politique du dossier et pourrait peser sur l’issue de l'opération déjà scrutée de près par les autorités de la concurrence…

La bataille pour le rachat des actifs de Warner Bros. prend une tournure de plus en plus politique… Alors que Netflix poursuit son projet de rachat à 83 milliards de dollars, approuvé par le conseil d’administration de WBD, l’intervention publique de Donald Trump vient rebattre les cartes, au bénéfice potentiel de David Ellison et Paramount, candidats à une offre concurrente. Dimanche 11 janvier, à quelques heures de la cérémonie des 83e Golden Globes, le président américain a relayé sur son réseau un éditorial publié par One America News, intitulé "Stop the Netflix Cultural Takeover", soit "Stop à la prise de contrôle culturelle de Netflix". Le texte, signé par l’avocat John M. Pierce et daté du 12 décembre, appelle ouvertement les autorités fédérales à bloquer la fusion.

Tous les moyens sont bons pour contrecarrer l’offre de Netflix 

Selon l’auteur, "le ministère de la Justice et la Federal Trade Commission devraient faire de cette fusion une priorité absolue en matière de droit de la concurrence — non seulement pour ses implications de marché, mais aussi pour ce que cela signifie pour la liberté d’expression et le pluralisme culturel américain", rapportent nos confrères de Deadline. Dans cet éditorial, John M. Pierce, avocat proche de la mouvance MAGA et connu pour avoir défendu des participants à l’insurrection du 6 janvier, va bien au-delà des arguments économiques. Il écrit : "Netflix devrait concurrencer, pas conquérir. Et les États-Unis ont la responsabilité de s’assurer qu’aucune entreprise ne puisse dominer l’imaginaire national par la seule force de son pouvoir de marché et par un activisme idéologique"

L’avocat accuse également la plateforme dirigée par Ted Sarandos et Greg Peters d’être une entreprise "qui a utilisé à plusieurs reprises sa plateforme mondiale pour promouvoir des récits progressistes tout en étouffant les points de vue dissidents". Il défend ainsi l’offre hostile de Paramount, estimée à 108 milliards de dollars, pourtant déjà repoussée, et conclut :
"Il est temps de dire non à un monopole médiatique ‘woke’ avant que les dégâts ne deviennent irréversibles", appelant explicitement Trump, présenté comme un proche d’Ellison, à intervenir contre Netflix. 

Une position déjà exprimée par Donald Trump 

Ce n’est pas la première fois que Donald Trump s’inquiète publiquement du poids de Netflix dans l’industrie. Après avoir rencontré le "grand type" Sarandos à la fin de l’année dernière, il a confié à plusieurs reprises qu’"il pourrait y avoir un problème" avec la "part de marché énorme" du géant du streaming, qui serait encore renforcée si HBO Max et les autres actifs de Warner Bros. entraient dans son giron. Dans ce contexte, David Ellison et Paramount ont intensifié leur stratégie de pression.

Dans une lettre adressée la semaine dernière aux élus de Washington, ils estiment qu’une fusion Netflix–Warner Bros. serait "présumée illégale". En parallèle, ils s’adressent désormais directement aux actionnaires et aux investisseurs, avant la date butoir du 21 janvier, fixée pour accepter ou refuser leur offre. Paramount compte également mettre en avant, dans les prochains jours, l’argument selon lequel son projet ferait face à bien moins d’obstacles réglementaires que celui de Netflix. L’intervention de Donald Trump s’inscrit aussi dans un contexte relationnel bien connu. Le président des Etats-Unis entretient des liens étroits avec Larry Ellison aujourd’hui cinquième fortune mondiale.

Beaucoup, à l’exception de Ted Sarandos et Greg Peters dont les actions souffrent en Bourse, s’attendaient à ce que le mari de Melania Trump finisse par favoriser son ami et son fils dans ce dossier. Sollicités par Deadline, la Maison-Blanche, Paramount et Netflix n’ont pas répondu aux demandes de commentaires concernant la prise de position en ligne du président sur le futur propriétaire de Warner Bros. 

Par
Kahina Boudjidj