Comment vous êtes-vous approprié ce personnage si complexe de Sofia ?
Barbara Probst : Dès le départ, on comprend qu’elle a eu des soucis psychologiques, des faiblesses. Dans le scénario, c’était souvent expliqué en disant qu’elle est folle, mais c’est un mot qui me parle peu. Mon travail était de me demander où se plaçaient ses failles. Par exemple, pourquoi a-telle choisi de reconstruire sa vie avec cet homme aimant, mais plus âgé (Damien, joué par Pascal Elbé, ndlr) ? Avec lui, elle a eu une fille qui a désormais le même âge qu’elle au moment où elle a vécu cet horrible drame. Toutes ces questions sont comme les pièces d’un puzzle.
Quel souvenir gardez-vous du tournage dans les Vosges ?
Je ne connaissais pas cette région, j’étais donc excitée à l’idée d’y aller. On a été formidablement accueillis. Côté météo, on a tout eu ! De la pluie horizontale, avec l’équipe trempée de la tête aux pieds. Ces journées étaient assez compliquées. Puis il est tombé deux mètres de neige du jour au lendemain. Ça a donné cette atmosphère fascinante, féerique même… comme dans les contes des frères Grimm.
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En quelques mois, vous êtes passée de second rôle dans Bénie soit Sixtine (diffusé le 5 février) à actrice principale de cette série nommée au Festival de la fiction TV de La Rochelle 2024. Une belle marque de confiance de la part de France 2…
Je suis très touchée. D’autant plus que j’ai réalisé l’été dernier que j’allais fêter, en ce début d’année, mes vingt ans dans ce métier. Mes premiers pas étaient déjà sur France 2 (dans le téléfilm Le Frangin d’Amérique, de Jacques Fansten). J’allais vous dire « la boucle est bouclée », mais je n’espère pas, car je souhaite continuer à tourner longtemps avec France Télévisions. On a tant de chance d’avoir un service public qui propose de tels programmes !
Vous venez d’une grande famille d’artistes. Devenir comédienne a-t-il toujours été une évidence ?
Je me suis presque posé la question à l’envers. Avec ma soeur, Tatiana, on a grandi dans les théâtres et les salles de concert. Elle a choisi très tôt d’être musicienne et moi d’être actrice. Au départ, pour les costumes je pense, Peau d’âne a beaucoup à faire là-dedans. (Rires) Mais c’est sur le tard, une fois que j’ai commencé à vraiment travailler, que la réalité de la vie est arrivée. Je me suis rendu compte que ce n’était pas un métier simple. Je me suis alors demandé si j’aurais pu choisir une autre voie. La réponse a été évidente : je n’ai pas du tout envie de faire autre chose !
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Votre grand-mère, la comédienne Gisèle Casadesus, a-t-elle été une source d’inspiration ?
J’ai été extrêmement proche de ma grand-mère, que j’ai eu la chance d’avoir pendant longtemps, puisqu’elle nous a quittés à presque 104 ans, en 2017. On parlait peu du métier. Elle ne prodiguait pas de conseils, car elle considérait qu’elle n’avait pas à en donner. C’était une femme intègre, bonne et aimante. Je ne connais pas une personne qui ait, un jour, dit une mauvaise chose d’elle. C’était aussi une actrice extraordinaire, qui a traversé un siècle fascinant. Aujourd’hui, je sais qu’elle est là. Elle m’accompagne sur tous mes projets.
Cette nuit-là, mercredi 23 avril à 21h10 sur France 2