Sixtine est une jeune femme pieuse et mariée à Pierre-Louis Sue de La Garde (joué par Adrien Dewitte), membre des Frères de la Croix, un groupuscule de catholiques identitaires d’extrême-droite. Quand son époux meurt dans d’obscures circonstances, elle devient la quasi-prisonnière de sa belle-famille intégriste. Pour protéger son bébé, Sixtine choisit de fuir, pour commencer une nouvelle vie, où elle se fait appeler Sophie. Mais son passé n’est jamais très loin…
CAPUCINE VALMARY, LA RÉVÉLATION
Âgée de 23 ans, Capucine Valmary retrouve la réalisatrice Sophie Reine (qui l’avait fait débuter au cinéma en 2016 dans le film Cigarettes et chocolat chaud), et incarne cette héroïne en quête de liberté. « Ayant eu une éducation au sein d’une école catholique, j’avais pas mal de traumatismes liés à la religion. De ce fait, je ne comprenais pas comment on pouvait avoir la foi, confesse-t-elle. Pour préparer ce rôle, j’ai commencé à lire la Bible. J’ai aussi passé beaucoup de temps dans des églises et à la messe. Ça m’a fait beaucoup de bien, car j’y ai vu de très jolies choses ! »
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Face à Capucine Valmary, dont l’interprétation lumineuse et tout en pudeur lui a valu le prix du Jeune Espoir féminin Adami au Festival de la fiction de La Rochelle, en 2024, Valérie Karsenti campe Madeleine, la belle-mère de Sixtine, une matriarche froide aux relents racistes, à des années-lumière de Liliane, la sympathique quadragénaire qu’elle joue depuis quatorze ans dans Scènes de ménages, sur M6. Si elle a accepté ce projet, c’est pour une raison bien précise : « C’est un sujet rarement abordé. Il y a une montée des extrémismes idéologiques, politiques et religieux qui est très grave, et c’est important d’en parler. Car la particularité des extrémismes religieux catholiques, c’est qu’on ne les entend jamais. C’est un système sous-terrain, à l’image d’une secte, en fait. De ce fait, on oublie que ça existe… »
UN SUJET DE SOCIÉTÉ
Ce propos est partagé par Maylis Adhémar, l’autrice du roman éponyme sorti en 2020, dont est adaptée la fiction : « C’est un vrai sujet contemporain, car ces gens-là sont très présents dans la société, et, en même temps, très discrets. Ce sont des B.C.B.G. qui passent inaperçus. » Si la romancière connaît si bien le sujet, c’est parce qu’elle-même a grandi dans un milieu très proche de celui dépeint dans l’histoire. « Il y a énormément de violence avec les enfants, regrette-t-elle. Ils vivent en marge, car il y a les écoles intégristes hors contrat. »
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Pour autant, la série ne fait pas le procès du catholicisme ni de la religion en général, bien au contraire. Dans sa nouvelle vie, Sixtine croise la route de père Laurent (Jean-Louis Garçon), un prêtre qui lui offre notamment de diriger la chorale de son église. Au sein de cette paroisse bienveillante, elle va peu à peu se reconnecter avec sa croyance. Et Maylis Adhémar de préciser : « C’était important pour moi de ne pas laisser la foi aux intégristes. »
Bénie soit Sixtine, mercredi 5 février à 21h10 sur France 2