Tout le monde ment 4 (France 2) – Vincent Elbaz : « Vincent Verner, c’est le Columbo Français »

Publié le 9 avril 2025 à 8:55
Ch.Lartige/CPB/FTV
INTERVIEW. Drôle et touchant, le comédien séduit dans ce rôle d’enquêteur emprunté mais perspicace, qui fait tomber les puissants.

Lors de l’épisode précédent, on voyait Vincent Verner, votre personnage, parler à son double, l’enquêteur plein d’assurance qu’il était autrefois. Il n’apparaît plus dans celui-ci. Pourquoi ? 

Vincent Elbaz : Être confronté à Martial Tackian (Stéphane Freiss), le grand patron d’industrie responsable de sa révocation de la police, avait fait ressurgir ses traumatismes provoquant chez lui angoisses et hallucinations. Le fait d’avoir obtenu la chute de cet être machiavélique a mis fin à ses troubles de la personnalité. 

Dans cet épisode, ce n’est plus lui qui est visé mais Isabelle, sa compagne (Anne Girouard), et son fils Tom (Dylan Hawkes). Comment réagit-il ? 

Mal, très mal ! Le passé mystérieux de celle auprès de qui il semblait avoir retrouvé un équilibre et une stabilité va lui exploser en pleine figure. Il le ressent comment une trahison, ce qui le conduit à d’inhabituelles sautes d’humeur. Il va cependant tout faire pour la sortir de ce guêpier. 

Après Stéphane Freiss, vous êtes cette fois face à Grégoire Colin, qui incarne un sale type avec de fauxairs de Robert De Niro… 

Grégoire est excellent dans ce rôle de méchant. Il est extrêmement calme et cynique. Ce qui le rend particulièrement inquiétant. 

Qu’est-ce qui vous a séduit dans le personnage de Vincent Verner ? 

Son analogie avec Columbo. On connaît le coupable dès le début, et Vincent va s’attacher à le confondre. Il s’attaque aux puissants, aux grands de ce monde, lesquels se croient intouchables. Il essuie mépris de classe et condescendance, mais finit toujours par les piéger. Il y a un petit côté communiste chez Verner, que j’aime bien. 

Le succès de cette série doit beaucoup à son auteur, le romancier Olivier Norek, lui-même ancien capitaine de police, qui a longtemps été en poste en Seine-Saint-Denis. Vous aviez déjà abordé ce rôle de flic abîmé par la vie dans la série  Syndrome E (diffusée en septembre 2022, sur TF1)… 

Oui, mais l’histoire était beaucoup plus sombre. Dans Tout le monde ment, on est plus dans la comédie policière, même si les thèmes abordés comme la pollution ou les violences conjugales sont graves et actuels. 

Comment avez-vous fait évoluer le personnage ? 

J’essaie de mettre en avant sa vulnérabilité et son instabilité. Il a des troubles d’humeur de plus en fréquents. C’est un exercice difficile que de trouver un juste équilibre entre son côté drôle et décalé, et le drame de sa situation. Je dois aussi souligner l’importance des personnages secondaires : Joséphine de Meaux, en ex-alcoolique, Mariama Gueye, en procureure obstinée, Thomas Silberstein, fils retors d’un gestionnaire de fortune, Jackie Berroyer, ex-perceur de coffre-fort reconverti en libraire. Tous s’impliquent beaucoup dans leur rôle. 

Avez-vous l’intention de continuer la série ? 

Cela dépend de beaucoup de paramètres : les audiences, la qualité des scénarios, la disponibilité et l’envie… 

Quand vous reverra-t-on sur le grand écran ? 

À partir du 16 avril, je serai à l’affiche d’une comédie, Le Mélange des genres, de Michel Leclerc, avec Léa Drucker et Benjamin Lavernhe. 

Tout le monde ment 4, mercredi 9 avril à 21h10 sur France 2

Par
Hacène Chouchaoui