Après la nuit (France 2) – Charlie Bruneau en victime d’un violeur en série : « Ça a été la scène la plus violente à tourner de toute ma carrière »

Mis à jour le 9 janvier 2026 à 14:44
FRANCOIS LEFEBVRE / ELEPHANT STORY / FTV
INTERVIEW. Loin du registre comique, la comédienne d’En famille campe, dans cette fiction, la victime d’un violeur en série. Un rôle particulièrement intense.  

Votre personnage, Stéphanie Duval, décide de ne parler de son viol à personne, dans un premier temps. Comment expliquez-vous son silence ? 

Charlie Bruneau : Plus qu’un silence, c’est un déni. Elle essaie presque de se mentir à elle-même. Parce que ça arrive à énormément de femmes, je connais malheureusement beaucoup de victimes d’agressions sexuelles ou de viols. J’en ai discuté avec des copines à qui c’est arrivé, pour comprendre comment c’est possible de se taire et de penser pouvoir vivre ça toute seule. À un moment donné, ça semble être une solution. Mais ça ne peut pas fonctionner sur le long terme. 

Stéphanie a également une relation très forte avec son frère, Romain, incarné par Raphaël Lenglet… 

C’est une relation fusionnelle, comme le sont beaucoup de relations fraternelles. En tout cas, moi, je suis très proche de ma soeur. J’ai l’impression que c’est une force invisible, sur laquelle on peut toujours s’appuyer. On était déjà amis avec Raphaël, qui a réalisé plusieurs épisodes d’En famille (M6). Mais nous n’avions jamais travaillé ensemble en tant que comédiens. Et parce que l’on se connaissait justement déjà très bien, c’était simple de jouer l’intimité avec lui.

"ça a été la scène la plus violente à tourner de toute ma carrière"

Comment vous et l’équipe avez abordé la scène de viol ? 

On en a beaucoup discuté en amont avec le réalisateur. Ça s’est tourné en équipe réduite, sur un plateau fermé. C’était vraiment très respectueux. Il y avait aussi une coordinatrice d’intimité qui a réglé ça comme une cascade. Elle nous a demandé à chacun quelles étaient nos limites. Mais je peux vous assurer que ça a été la scène la plus violente à tourner de toute ma carrière. 

Avez-vous ressenti une responsabilité envers les vraies victimes ? 

Une responsabilité énorme, oui, que je ressens encore aujourd’hui. Ce n’est pas anodin de raconter ce genre d’histoire, on espère toujours que ça engendrera du positif, notamment dans la libération de la parole. Parce que, actuellement, les chiffres sont effrayants. C’est l’âge de pierre, la situation n’évolue pas, ou très peu. Donc, quand on tourne une fiction comme celle-là, on souhaite sincèrement que ça aidera certaines personnes à sortir du silence. 

Vous avez alterné ce tournage avec celui d’En famille. Comment avez-vous vécu ce changement de registre ? 

Très mal. (Rires) C’est marrant que vous me posiez cette question, parce que c’était un vrai sujet. Je me souviens d’une fois où je suis arrivée à Paris à 23 h 30, pour tourner En famille dès le lendemain matin. En plus, c’était mon mari (Jean-Baptiste Pouilloux, ndlr) qui réalisait. Il fallait que je sois drôle, dynamique… Le sol s’est dérobé sous mes pieds. J’ai très mal vécu cette journée de tournage, j’avais l’impression de ramer, de ne plus savoir où j’habitais. Je me suis sentie perdue. Après ça, j’ai demandé à la production de m’alléger au maximum, pour compartimenter les deux programmes. 

Que pouvez-vous nous dire de la saison 14 d’En famille, qui sera diffusée cet été sur M6 ? 

Pas grand-chose, malheureusement. Comme j’étais prise sur un autre projet, je vais surtout tourner En famille au mois de mai. Ce que je peux vous dire, c’est que Roxane va être aux prises avec ses deux ados et son compagnon, Milo (Gérémy Crédeville). 

Après la Nuit, lundi 10 mars à 21h10 sur France 2

Par
Camille Sanson