La Vie rêvée des autres (France 2) – Charlie Bruneau : « C’est la première fois que je joue une vraie méchante »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 20:54
NICOLAS ROBIN / FTV
Celle qui prête ses traits à Roxane dans En famille, sur M6, change de registre le temps d’une soirée. Elle joue, avec Arthur Dupont, un couple dont la jalousie va mener au pire. La comédienne revient sur ce rôle intense.

Ce téléfilm est inspiré du fait divers que l’on appelle l’affaire Flactif…

Charlie Bruneau : Le père de la famille Flactif était promoteur immobilier au Grand-Bornand, en Haute-Savoie. Un matin d’avril 2003, le fils aîné de madame Flactif est rentré et a découvert le chalet fermé. Sa mère, son beau-père et leurs trois enfants avaient disparu. Il s’est avéré que leurs voisins − et locataires − les ont assassinés tous les cinq.

Faites-vous partie de ceux que ce genre de fait divers fascine ? 

Pas du tout, ça peut très vite m’angoisser ! Je ne suis pas friande de ces émissions avec des images d’archives… Ça a trop d’impact sur moi. En revanche, j’aime beaucoup regarder des films inspirés de faits réels, mais il faut que ce soit fictionné. Comme on a pu le faire ici. 

Aviez-vous connaissance de ces événements, avant de vous engager sur le projet ?

À l’époque des faits, et jusqu’à très récemment, ma tante était monitrice de ski au Grand-Bornand. Donc je connaissais très bien cette histoire. Mais ce que j’ai découvert, grâce à Delphine Labouret et Didier Le Pêcheur, qui ont coécrit le scénario, ce sont les détails des relations entre le couple de victimes et les coupables.

De quelle manière avez-vous abordé ce rôle ? 

D’abord, j’étais contente de me voir proposer ce type de rôle, car ça arrive rarement. C’est la première fois que je joue une vraie « méchante », issue d’un milieu social défavorisé. Parce qu’il s’agit d’une adaptation, Didier ne voulait pas que l’on regarde les interviews des protagonistes de cette affaire. Elle est utilisée comme une toile de fond pour parler des réseaux sociaux, de la jalousie, de l’envie et de la haine. 

Est-il difficile de se mettre dans la peau d’une femme comme Karine Petit ? 

Quand j’ai lu le scénario, je me suis dit : « Mon Dieu, comment je vais faire ? », car j’ai besoin d’aimer les personnages que je défends. À force de travail et de réflexion, je dirais, non pas que je peux justifier ses actes, mais que je l’ai comprise. Je lui ai trouvé une forme d’humanité, qui est, évidemment, inadaptée socialement, mais qui fait qu’elle en arrive à de tels extrêmes. En tout cas, au moment où je la joue, son cheminement est clair. Avec Arthur Dupont, qui incarne Franck, le mari de Karine, nous avons aussi mis beaucoup d’amour dans le couple que nous formons, ce qui les rend aussi humains. 

Vous donnez également la réplique à Arthur Dupont sur les planches… 

En effet, nous jouons dans la pièce Oublie-moi (d’après In Other Words, de Matthew Seager, au Théâtre Actuel La Bruyère, à Paris, ndlr), qui a reçu quatre Molières l’année dernière, en alternance avec Marie-Julie Baup, Élise Diamant, Thierry Lopez et Kevin Garnichat. Donc, tout ce petit monde se mélange et crée des couples différents chaque semaine. Il y avait longtemps que je n’avais pas fait de théâtre, ça me ravit ! 

Depuis 2012, vous incarnez Roxane dans En famille, sur M6. Qu’est-ce qui l’attend dans la treizième saison, que vous tournez actuellement ? 

Le prochain volet de la série va s’articuler autour de l’installation de Milo (Gérémy Crédeville) chez Roxane. Ils sont sur cette découverte de la vie en couple, qui plus est avec deux enfants. Ce ne sera pas de tout repos ! 

La Vie rêvée des autres, mercredi 28 février à 21h10 sur France 2

Par
Camille Sanson