Judith Godrèche blacklistée par le monde du cinéma après ses accusations pour viols : « Ils ont bloqué mon numéro »

Publié le 8 janvier 2026 à 5:59
Christophe AUBERT / TELE 7 JOURS
Depuis qu’elle a brisé le silence sur la relation d’emprise vécue, adolescente, avec le réalisateur Benoit Jacquot et sur les viols dont elle accuse Jacques Doillon, Judith Godrèche est persona non grata pour une grande partie du cinéma français. Une situation que déplore la comédienne.

Engagée dans la lutte contre les violences sexuelles dans le monde du cinéma français, Judith Godrèche a osé briser le silence sur ce qu’elle a vécu adolescente avec Benoit Jacquot et Jacques Doillon ; deux réalisateurs qu’elle accuse de violences sexuelles et qui, eux, nient les faits. Alors que le premier a été mis en examen pour viol et placé sous contrôle judiciaire, le second, lui, a été placé sous le statut de témoin assisté avant de porter plainte pour diffamation contre l’actrice qui a été mise en examen. 

Judith Godrèche se confie sur son manque de rôle 

Soutenue par de nombreuses associations féministes, la comédienne et réalisatrice est, à l’inverse, délaissée par ce "monde du cinéma qui savait et n’a rien fait". Interrogée dans le dernier numéro du magazine Elle, elle affirme d’ailleurs n’avoir que des contacts limités avec ses pairs du septième art. "Ils ont bloqué mon numéro. Seule la cheffe opératrice Caroline Champetier m’a appelée et la réalisatrice Claire Denis m’a écrit. Un mot très touchant", précise Judith Godrèche en expliquant qu’elle ne reçoit plus aucune proposition de rôles, "même pas de la figuration pour traverser la rue". "Il n’y a pas que le désir des réalisateurs ou des réalisatrices qui entre en jeu, il y a aussi un marché, une réalité du financement. Vu mes prises de position, je ne suis peut-être pas le meilleur atout aujourd’hui. Qui sait…", regrette celle qui assure qu’être "dans sa peau n’est pas toujours une partie de plaisir". "Le prix à payer est conséquent, et le gain, je ne le découvrirai que lorsque j’arrêterai de me battre ".

Judith Godrèche évoque son "sentiment de culpabilité" 

A cœur ouvert, la comédienne et réalisatrice, qui sort le 9 janvier un livre consacré à son passé (Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux, aux Edition du Seuil), évoque le sentiment de culpabilité qui la ronge depuis si longtemps et qui est né lorsqu’elle a brisé le silence. "A partir du moment où la personne qui vous fait subir ces violences est identifiée comme quelqu’un que vous aimez, parler semble de l’ordre de la dénonciation. Et le sentiment de culpabilité prend le dessus (…) Plus que jamais (je ressens ce sentiment de culpabilité, ndlr). J’ai le sentiment d’avoir trahi ma secte. D’avoir trahi un pacte avec cet homme qui représentait pour moi ma famille et était aussi un leader d’opinion artistique".

Par
Clara Kolodny