"Si un homme de 40 ans approche ma fille, je le tue". Voilà ce que déclarait en décembre dernier Judith Godrèche dans Elle en racontant pour la première fois sa "relation" avec Benoit Jacquot. Une "histoire" qui a duré 6 ans et qui a démarré alors qu’elle n’avait que 14 ans après le tournage d’un film dans lequel il la dirigeait. "C’est parce que j’ai une fille adolescente que je parviens à réaliser ce qui m’est arrivé, à me dire que j’ai navigué seule dans un monde sans règles ni lois", expliquait aussi la comédienne qui a évoqué ce traumatisme dans sa série d’Arte Icon of French Cinema.
Après avoir dénoncé à plusieurs reprises, sur les réseaux sociaux, les faits dont elle a été victime, Judith Godrèche aurait pris la décision de saisir la justice. Selon Le Monde, la comédienne et réalisatrice aurait porté plainte contre Benoit Jacquot pour "viols avec violences sur mineur de moins de 15 ans" même si les faits sont prescrits. Rencontré par nos confrères, Benoît Jacquot nie fermement les accusations portées à son rencontre. "Je me sens très loin, étranger à tout ça", répond-t-il lorsque le quotidien lui a rappelé ces mots qui le décrivent désormais "emprise, crime et pédophilie". "Cela ne m’empêche pas de dormir, cela me fait même plutôt sourire. Je ne me sens pas directement concerné", affirme-t-il en regrettant "la confusion entretenue par sa chère Judith entre matière à tabloïd, qui ne l’intéresse pas, et débat de société qui l’intéresse".
Le réalisateur, qui clame avoir été "très amoureux" de l’actrice, donne une autre version des faits. Il confie ainsi que la comédienne "a éclairci sa vie". "J’allais très mal, je ne voulais plus faire de films, elle m’a sorti du noir. J’étais happé par elle. C’est moi, sans ironie, qui ai été sous son emprise pendant six ans", ajoute-t-il en affirmant qu’il serait toujours avec elle aujourd’hui si "elle n’était pas partie". "J’ai beaucoup freiné et ce n’était pas l’envie qui me manquait", lance-t-il en démentant avoir eu des relations sexuelles avec Judith Godrèche avant ses 15 ans, âge de la majorité sexuelle. Il rappelle d’ailleurs que le père de l’actrice, qui l’élevait, n’a "marqué aucun signe de désapprobation".
Ces propos que Benoît Jacquot regrette
S’il avoue "gueuler facilement", Benoit Jacquot réfute avoir été violent avec Judith Godrèche. Il qualifie de "pure invention" ses accusations de brutalité sexuelle. "Ce n’est pas du tout dans mes mœurs", indique-t-il en niant aussi avoir "enfermé" celle qui était alors une jeune actrice. "Elle avait une clé de l’appartement et elle partait seule pour tourner. Séquestrer quelqu’un, ce n’est pas cela".
Il fait, par contre, son mea culpa sur ses propos difficiles lâchés dans un documentaire de Gérard Miller. "Je me suis laissé entraîner dans la discussion. C’est une horreur, cela me fait honte. Je suis ridicule, nul, arrogant. Je comprends que cela ait déclenché de l’aigreur et de la rage chez Judith", explique-t-il. Pour rappel, il avait notamment affirmé, dans ce film datant de 2011 : "Pour le coup, Judith a braqué mon désir, comme une très jeune femme peut le faire, je crois. Une femme plus avancée dans son temps, dans son âge, à ma connaissance, n’aurait jamais procédé comme ça (…) Oui c’est forcément une transgression, ne serait-ce qu’au regard de la loi (…) Mais ça elle n’en avait rien à foutre, ça l’excitait beaucoup je dirais. Faire du cinéma est une sorte de couverture pour tel ou tel trafic illicite, une sorte de couverture pour des mœurs de ce type-là".