Discrète sur sa vie privée, Judith Godrèche vient de sortir de sa réserve pour évoquer une relation passée qui, aujourd’hui, choquerait tout le monde. La comédienne vient en effet, pour la première fois, de revenir sur le couple qu’elle a formé avec le réalisateur Benoît Jacquot alors qu’elle n’avait que 14 ans et lui affichait déjà 40 ans au compteur. Un homme pour lequel elle est d’ailleurs partie de chez ses parents. C’est tout d’abord de manière fictionnelle qu’elle retrace cette histoire dans sa série Icon of French Cinema qui sort dans quelques jours sur Arte. Elle met ainsi en scène la fille de 16 ans de son personnage qui tombe amoureuse de son chorégraphe bien plus âgé.
L’histoire entre Judith Godrèche et Benoît Jacquot a duré six ans et était connue de tous à l’époque. "En 1986, Jacquot lui offre son premier grand rôle dans le film Les Mendiants. Et la séduit", précise le magazine Elle qui a interrogé l’actrice sur cette relation. Et la question du magazine a visiblement perturbé l’actrice. "Mais, soudainement, l’actrice, jusqu’à présent volubile, se fige, bute sur les mots, regarde dans le vide, peine à rassembler ses pensées. La parole qui fusait avec verve et intelligence quelques minutes auparavant est brutalement empêchée. Ses yeux se voilent de larmes", écrit la journaliste.
Après un moment de flottement, Judith Godrèche raconte avoir été une "jeune fille très solitaire, très idéaliste", qui "vivait à travers les livres" et qui a été "élevée par un homme seul", après le départ de sa mère lorsqu’elle n’avait que 9 ans. "Si un homme de 40 ans approche ma fille, je le tue", avoue-t-elle ensuite en se confiant sur la scène de la série dans laquelle son personnage confronte le chorégraphe et amant de sa fille adolescente. "C’est parce que j’ai une fille adolescente que je parviens à réaliser ce qui m’est arrivé, à me dire que j’ai navigué seule dans un monde sans règles ni lois", glisse également la comédienne.
"De la perversion"
Elle revient par ailleurs sur un moment qui l’a marquée lorsqu’elle n’avait que 15 ans. En plein festival de Locarno où elle était avec son compagnon, elle s’est retrouvée mal à cause du vin servi au dîner. "Je suis tombée raide morte sur la table, j’ai vomi devant tout le monde. Je me demande, avec le recul, si les adultes s’interrogeaient : « Il y a un problème, elle est trop petite, qu’est-ce qu’elle fait là ? » Je n’avais aucune idée de ce que disait la loi", s’interroge-t-elle avec le recul en soulignant qu’il n’y a qu’un hôtel, en Italie, qui a menacé d’appeler la police s’ils ne prenaient pas deux chambres séparées…
"On peut se faire prendre dans les filets d’une personne plus puissante, et l’art est un tremplin extrêmement favorable à ça. En tant qu’actrice, on a besoin d’être aimée, regardée. C’est comme si, en vous choisissant, le réalisateur vous donnait vie. C’est extraordinaire de filmer la jeunesse. La puissance cinématographique d’une adolescente est inépuisable. Mais on peut faire des films sublimes sans aller jusqu’à coucher avec son actrice mineure. Pour moi, cela devient de la perversion", conclut-elle.