“Il a le visage d’un monstre” : Judith Godrèche bouleversée dans Quotidien, répond aux propos chocs du réalisateur Benoît Jacquot

Publié le 9 janvier 2024 à 7:22
DR
Judith Godrèche révèle avoir, à 14 ans, été "manipulée" et "sous l'emprise" du cinéaste de 40 ans. Son témoignage est saisissant.

Dans un documentaire de Gérard Miller en 2011, Les ruses du désir, la relation entre Judith Godrèche et Benoît Jacquot, âgés respectivement de 14 et 40 ans, a été commentée. Mais seul Benoît Jacquot a été sollicité pour parler de désir. Il y avoue, avec le sourire, qu’être en couple avec une fille de cet âge était "une transgression" à la loi, et qu’il avait utilisé le cinéma comme "une couverture" pour pouvoir vivre cette relation. Judith Godrèche a mis en image leur histoire dans la série Icon of French Cinema disponible sur arte.tv. Lors de la promotion, elle refusait de prononcer le nom de Benoît Jacquot. Mais elle n’avait jamais vu ces images datant de 2011 où Benoît Jacquot prétendait également que coucher avec un homme de son âge était ce qui "excitait" Judith Godrèche.

Alors que cette séquence refait surface sur les réseaux sociaux, l’actrice a réagi sur le plateau de Quotidien sur TMC ce lundi 8 janvier 2024, après une première réaction sur Instagram. Elle a d’abord rappelé que l’objectif de sa série : "J’ai voulu raconter mon histoire et mon enfance dans le cinéma français dans l’espoir que des jeunes filles, des enfants, ne se retrouvent pas dans ma position". Au moment d’évoquer les propos du réalisateur, Judith Godrèche a perdue ses moyens : "Ça m’a rendue malade… Euh… Euh…". Bouleversée, l’artiste a eu besoin de souffler un long moment avant de reprendre la parole et livrer un témoignage poignant : "Ce serait encore plus choquant si on m’avait montrée à 14 ans ans dans ce documentaire, donc ils ont bien fait de prendre des images de moi à 17 ans et pas à 14 ans où j’ai vraiment l’air d’un bébé, quoi… Et de le voir, comme ça, me transformer en objet et parler de moi comme d’un truc, quoi. Mettre des mots, parler à ma place, parler de mon désir… C’était tellement violent, j’essaie de trouver les mots encore pour expliquer ce que j’ai vécu. Je me suis mise à trembler de façon complètement compulsive, les enfants m’attendaient pour dîner et je ne pouvais pas sortir de ma chambre, j’ai vomi… J’étais dans un état de panique". 

"Cet enfant, dans le fond, n’avait pas la possibilité de saisir l’idée même du consentement. Je ne savais même pas ce que c’était, le consentement. Il n’y a pas eu de consentement, il n’existe pas à 14 ans. On ne consent pas et on n’est pas excité à l’idée de coucher avec un type de 40 ans à 14 ans. Ça n’existe pas. Donc il projette, il inverse les rôles, il projette sur moi son excitation, il me sexualise. Je l’ai vécue, j’y étais. Mais dans l’entendre, en 2011, parler comme ça, lui, un type qui vit aujourd’hui à 76 ans… C’est la première fois que je l’entends parler comme ça de moi. Donc c’était un choc !", a-t-elle ajouté, révoltée, avant de revenir sur leur relation qui a duré six ans. Il a fallu plusieurs ruptures pour qu’elle réussisse à mettre un terme pour de bon à leur "couple". 

"Une fois que j’étais partie, ça continuait. J’étais toujours sous l’emprise. Mais de l’entendre comme ça en parler et de façon très mondaine en rigolant, en s’en vantant… L’impunité est à un tel niveau ! C’est la jouissance du monstre. J’ai l’impression de voir un monstre. Il a le visage d’un monstre. Il a quelque chose de monstrueux et il tient des propos de monstre. Mais le problème, c’est que c’est à la télévision. Et c’est une émission qui a été très regardée, je crois. (…) Il dit ‘d’ailleurs on me regarder de façon assez envieuse et c’est pas désagréable’… Comment c’est possible de dire ça ? Comment c’est possible qu’aucun journaliste en 2011 n’ait appelé la police ? Il y a un type qui dit à la télévision qu’à 40 ans, il était avec une fille de 14 ans, il le dit en souriant et personne qui n’appelle la brigade des moeurs ? Ça me crée une colère", a-t-elle confié, avant de raconter qu’elle n’avait même pas le droit de recevoir des amis chez eux, et que les règles qu’il imposait étaient comparables à celles d’un "culte". C’est un adulte bienveillant qui lui a finalement ouvert les yeux sur son état "terrorisé" et leur relation "étrange". Depuis, elle espère ne plus jamais le revoir : "Son visage me fait un effet cauchemardesque. Il y a quelque chose de physiquement impossible pour moi… Je ne me le souhaite pas, non".

Par
Hugo Mallais