« Il me mordait avant de partir à l’étranger » : nouvelles révélations dans l’affaire Jean Imbert

Publié le 4 mai 2025 à 15:30
Sebastien Fremont / Starface
Accusé de violences physiques et psychologiques par quatre anciennes compagnes, le chef étoilé du restaurant La Palme d'Or à Cannes fait l'objet de nouveaux témoignages de la part de ses accusatrices.

Le 23 avril dernier, quatre ex-compagnes du chef étoilé Jean Imbert l’accusaient de violences conjugales dans le magazine Elle. Ces violences, souvent psychologiques et parfois physiques, sont aujourd’hui détaillées dans une nouvelle enquête publiée par Le Parisien

"Jean Imbert me frappait. Il me mettait des énormes claques"

Après l’article de Elle, les avocats de Jean Imbert ont nié l’intégralité des faits, expliquant que son coup de tête qui a provoqué une fracture des os du nez chez une ancienne compagne avait été le fruit d’un geste de défense alors qu’elle aurait empoigné son bras. Si le chef préféré des stars – notamment Beyoncé et Jay-Z ou Robert De Niro – est soutenu par sa dernière compagne qui assure n’avoir subi aucune violence de quelconque nature en quatre ans, cet article publié dans Elle a été jugé trop éloigné de la réalité par l’une des témoins, la comédienne Lila Salet qui a partagé la vie de Jean Imbert il y a douze ans. "C’est un homme qui m’a fait énormément de mal à l’époque. C’est un homme extrêmement violent. Je suis outrée de voir qu’on le protège encore. Il me mettait des énormes claques dans ma tête. Il me frappait. Je ne dis pas qu’il mettait les poings (…). Il était d’une violence absolue dans ses mots, dans sa manière de me maîtriser, de m’exclure de ma propre famille. (…) Cette relation a duré presque un an et pourtant, dans ce temps assez court, il a réussi à me défoncer le cerveau. Cet homme a usé de son pouvoir, de son charme et de ses mains. Il est pas border. Il est violent et extrêmement dangereux pour la gente féminine", insistait-elle dans une vidéo publiée sur Instagram le 23 avril.

L’empris de Jean Imbert sur ses ex : "C’est une folie d’en arriver là"

Auprès du Parisien, Lila Salet ajoute aujourd’hui : "Je l’aimais mais il me faisait peur. (…) Ce mec est un timbré. Il est d’une violence froide. Avec lui, tout est démesuré : il te donne tout, puis il te vide". Elle avait même saisi la justice après que Jean Imbert défonce la porte de son appartement lorsqu’elle l’a quitté. "J’ai déposé plainte pour violences. Il m’a retournée le cerveau en usant de tout le spectre de la manipulation pour que je retire ma plainte. J’avais 20 ans, je manquais de maturité à cette époque", regrette celle qui a 33 ans aujourd’hui. Une autre ex témoigne : "À chaque fois que je l’ai recroisé après notre rupture, je me suis mise à trembler". Une autre, Kelly Santos, fait état du même manque de liberté au sein de leur relation en 2024, au point qu’il marque son territoire sur son corps : "Il me disait que mon rouge à lèvres rouge était un truc de p*te, que mes ongles étaient trop longs, mes jeans trop serrés. (…) Il me mordait spécifiquement avant de partir à l’étranger. (…) Il a écrit sur mes murs, dans mes sacs… Il fallait que je réponde immédiatement à ses appels. Si ça sonnait plus de deux fois, ça signifiait que j’étais en train de faire une connerie. J’avais mis en place un mensonge. Je disais deux secondes, ça doit être le gars d’Amazon qui est en bas, je te rappelle". Cette emprise, l’un de ses amis l’a aussitôt remarquée : "Elle recevait une multitude d’appels. Sur une heure de restaurant, son téléphone sonnait quatre fois. Je me suis retrouvé à devoir envoyer un message à Jean pour le rassurer sur notre amitié. C’est une folie d’en arriver là pour pouvoir continuer de prendre un café à 16 heures !".

Témoin menacé et colères sur le tournage de Top Chef

Le proche d’une autre femme a fait le même constat. "Menacée, cette personne nous a demandé de ne pas publier ce qu’elle nous avait confié", rapportent nos confrères. Mais une autre ex du chef révélé en 2012 dans la saison 3 de Top Chef confirme : "Il m’a pris mon agenda très vite. Il regardait tous les moments où j’avais du temps et me disait : Là, je te fais une surprise, là, je te fais une surprise. C’est mignon au début… Mais au bout d’un moment, on ne voit plus personne". Du côté de l’émission de M6, une technicienne le qualifie de "très colérique" et la jurée étoilée en 1995 Ghislaine Arabian – elle-même victime de violences conjugales – se souvient de lui comme un candidat pas forcément "drôle" ni "sympa", et "très préoccupé par lui-même". Enfin, la psychiatre Geneviève Pagnard a été contactée par Le Parisien pour souligner l’importance des violences psychologiques : "Les victimes disent toutes, si elles n’ont pas atterri au cimetière ou dans un fauteuil roulant, que c’est de la violence psychologique qu’elles ont le plus de mal à se remettre. (…) Le manipulateur destructeur isole sa victime, en prétextant de la jalousie, ou le fait que son entourage ne l’apprécie pas, se positionnant lui-même en victime pour attendrir et endormir la vigilance. (…) Il se montre charmant. Son côté diamétralement inverse ressurgit en privé, où il se montre jaloux, tyrannique, surveillant et critiquant les faits et gestes de la victime".

Par
Hugo Mallais