“J’ai été témoin” : Lucie Lucas accuse Victoria Abril de “violences sexuelles » et dénonce une génération d’acteurs qui « tyrannise » (VIDEO)

Publié le 28 décembre 2023 à 14:47
La comédienne et star de "Clem" persiste et signe. Écoeurée par les soutiens à Gérard Depardieu, elle dénonce le comportement de certains acteurs de sa génération.

La tribune en soutien était "la cruelle provocation de trop" pour Lucie Lucas. L’héroïne de la série Clem sur TF1 a été interviewée ce mercredi 27 décembre 2023 sur la chaîne télévisée Franceinfo après avoir porté de lourdes accusations envers Victoria Abril sur les réseaux sociaux. La comédienne a d’abord tenu à réagir au Complément d’enquête diffusé sur France 2, qu’elle a trouvé "vraiment très difficile à regarder". "J’ai été complètement sidérée par la violence du comportement de Gérard Depardieu et le fait que tout le monde autour ait l’air de trouver que c’est normal et pas gênant. (…) J’ai subi des violences sexuelles un peu toute ma vie et ça m’a fait sentir que ma souffrance n’était pas légitime", a-t-elle expliqué. Quelques jours plus tard, elle a été touchée par le non-lieu qui a mis fin au procès pour viol envers Charlotte Arnould.

"Il y a plein de victimes, dont je fais partie, qui ont eu l’impression que ça ne comptait pas, que ces violences n’existaient pas. Et après, il y a eu la prise de parole et le positionnement complètement lunaire du président Macron qui m’a fait beaucoup de mal aussi. Et puis enfin cette tribune avec des artistes dont certains que je connais et pour qui j’ai de l’affection, vraiment, profondément. Et là, c’est devenu insupportable. Mais, insupportable !", a ajouté l’interprète de Clem avant d’évoquer Victoria Abril, à qui elle a donné la réplique pendant de nombreuses années, et qui fait partie des signataires de la tribune en soutien à Gérard Depardieu, à la grande surprise de Lucie Lucas.  "Les violences sexuelles dont je l’accuse n’ont pas été tournées contre moi, mais c’est des choses dont j’ai été témoin. (…) C’est ma maman de cinéma et je me suis sentie profondément trahie et abandonnée par elle. Mais ce que je voudrais dénoncer, c’est qu’il y a une impunité et un sentiment d’impunité qui est total chez certaines personnes, et notamment certaines personnes des générations de Gérard Depardieu et Victoria Abril qui se permettent de tyranniser vraiment des plateaux entiers. Et d’avoir des comportements que je ne trouve pas admissibles, voire qui ne sont pas légaux. Et sans que personne ne dise rien", a-t-elle déclaré avant d’assumer sa part de responsabilité.

"Pendant quinze ans, je me suis même sentie complice, parce que j’ai tu des comportements qui m’ont énormément choquée. Et tout en disant à la presse que le film s’était super bien passé, que tout le monde s’entendait bien… Et au moment où il y a des victimes qui parlent enfin, qui ont le courage immense de demander justice, là, ces mêmes personnes qui tyrannisent les plateaux se permettent de se protéger et de se défendre les unes et les autres sans avoir un mot, une considération, pour les victimes, sans témoigner du fait qu’il y a des grosses anomalies et qu’il faut vraiment que ça change", a insisté Lucie Lucas avant d’expliquer pourquoi une telle "omerta" règne dans l’audiovisuel depuis si longtemps. "Un film, c’est une oeuvre collective. Si le film marche, c’est toute l’équipe qui bénéficie du succès et s’il ne marche pas, c’est toute l’équipe qui en pâtit. Il faut quand même une sacrée confiance en soi et beaucoup de courage pour prendre le risque de saper un film avant un sortie ou au moment de sa sortie en disant qu’il y a des comportements qui ne sont pas normaux et que ce qu’on voit, c’est de l’illusion", a conclu celle que l’on a vue récemment dans Cannes Police Criminelle sur TF1.

Par
Hugo Mallais