« Une petite fille face à son grand-père » : Charlotte Arnould, qui accuse Gérard Depardieu de viol, témoigne dans Complément d’enquête (VIDEO)

Publié le 8 décembre 2023 à 19:20
Parmi les nombreux témoignages diffusés jeudi soir dans Complément d’enquête (France 2), figure celui de Charlotte Arnould, une jeune actrice qui connaît le comédien depuis l’enfance et dont la plainte pour viol a provoqué la mise en examen de Gérard Depardieu.

Après avoir enquêté sur Cyril Hanouna, le magazine Complément d’enquête de France 2 s’est penché sur le monstre sacré du cinéma Gérard Depardieu qui est accusé de viols ou agressions sexuelles par plusieurs femmes. Sa première accusatrice, qui a porté plainte contre lui à deux reprises, est revenue sur les faits qui ont conduit à la mise en examen de l’acteur.

Devant les caméras de Complément d’enquête, elle décrit ainsi le jour où, après avoir croisé par hasard Gérard Depardieu dans la rue, il l’a invitée chez lui. "Il me dit viens, tu me diras où tu en es du piano et de la danse (…) je me rends chez lui sans rien espérer", raconte ainsi Charlotte Arnould en rappelant qu’à l’époque elle souffrait d’anorexie et ne pesait que 37 kilos. Elle poursuit en précisant qu’en apprenant qu’elle voulait passer le Conservatoire, il lui a donné quelques conseils pour son audition. Et c’est après, selon le récit qu’elle fait de cette rencontre, que les choses basculent. "Là, c’est l’horreur absolue. Je ne comprends pas trop ce qui m’arrive. C’est d’une violence absolue", poursuit-elle en précisant avoir appelé sa mère dès sa sortie de l’appartement.

Elle affirme avoir reçu quelques jours plus tard un appel de Gérard Depardieu. "J’espère que je ne t’ai pas trop traumatisée. Je pense que c’est à cause de l’insolation. Rappelle-moi quand tu as une pulsion", lui aurait-il lancé par téléphone. Quelques jours plus tard, il lui aurait de nouveau proposé de passer chez lui. Après avoir hésité, elle décide de s’y rendre "pour tout lui balancer". Mais "il se passe la même chose. Je pars au bout d’une heure (…) il ne s’assure à aucun moment de mon consentement".

Elle porte plainte et découvre qu’une partie de la scène a été filmée par les caméras de surveillance de l’appartement du comédien. Les images sont visionnées par les enquêteurs mais le fait qu’elle n’oppose pas de résistance pousse le parquet à classer sa plainte sans suite. "D’un seul coup, je me retrouve être la petite fille face à son grand père, qui obéit et je n’ai plus aucune prise sur mon corps ni moi-même. Je ne peux rien faire, alors que je n’ai qu’une envie, c’est de prendre la fuite et partir en courant. Or, je ne peux pas", explique Charlotte Arnould dans Complément d’enquête.

Une deuxième plainte est finalement déposée en 2020 et le comédien, qui affirme qu’elle était consentante, est mis en examen. Ce qui n’a pas compromis sa carrière au cinéma, comme le souligne avec amertume la jeune femme.

Par
Clara Kolodny