“J’avais 11 ans” : Isabelle Carré raconte la première agression sexuelle qu’elle a subie et dénonce l’inaction de la justice

Publié le 28 décembre 2023 à 9:20
Sebastien Fremont / Starface
Pour réagir à l'affaire Gérard Depardieu, Isabelle Carré a décidé de témoigner dans une tribune pour le magazine "ELLE".

Ce mardi 27 décembre dans ELLE, Isabelle Carré a pris la parole pour réagir aux révélations sur Gérard Depardieu et à la tribune de soutien à l’acteur, qui indigne l’opinion public, signée par une cinquantaine d’artistes. L’actrice a souhaité répondre dans sa propre tribune, et regrette qu’il ait fallu "attendre cinquante ans pour signifier à un acteur que son comportement avec les assistantes, les habilleuses, ses partenaires n’est pas acceptable". Certaines améliorations sont soulignées par Isabelle Carré, comme la présence, sur certains tournages, de référents à qui l’on peut signaler les faits de harcèlement sexuel. Mais elle rappelle que parmi les femmes victimes d’agressions sexuelles en France, "moins de 10 % portent plainte et moins de 1 % des viols déclarés par des majeures ont fait l’objet d’une condamnation. (…) Les adolescentes continueront d’adopter nos pauvres tactiques : avoir ses clés dans la main pour ouvrir la porte d’entrée plus vite, jouer aux folles, faire semblant de téléphoner, semblant de connaître cette passagère dans le métro".

Malheureusement, Isabelle Carré a subi plusieurs agressions sexuelles, et ces dernières ont commencé extrêmement tôt dans sa vie : "J’avais 11 ans et un homme m’a arrêtée dans la rue, pour un renseignement, pensais-je. À ma grande surprise, il s’agissait de toucher et commenter ma poitrine naissance : ‘Ça pousse, hein fillette, ça pousse !’. Sidérée, je n’ai pas bougé, alors il a continué…". Cela a été la première d’une longue liste de mésaventures "dans le métro ou dans la rue", déplore la comédienne. "Je ne cherchais rien, je le dis car cela semble être décisif pour certains, je ne demandais rien, pas même un rôle. Juste à grandir tranquille", ajoute-t-elle. Celle qui a obtenu un César en 2003 conclut en proposant un nouveau slogan pour la campagne nationale contre le sexisme : "Le sexisme, on sait très bien comment ça commence, et il est grand temps que ça se termine".

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