L’actrice Anna Mouglalis témoigne contre Gérard Miller : « Et là, il me propose une séance d’hypnose… »

Mis à jour le 8 janvier 2026 à 15:46
Jean-Claude Lother / KWAI / CANAL+
La célèbre comédienne de la série Baron Noir sur Canal+ a été auditionnée 

L’Assemblée Nationale continue d’être le théâtre d’auditions et de tables rondes organisées par la Commission d’enquête des Violences commises dans les secteurs artistiques et médiatiques. Ce mardi 17 décembre, Anna Mouglalis faisait partie des personnalités présentes pour témoigner.

Anna Mouglalis envoyée chez Gérard Miller à l’âge de 19 ans

Celle que l’on a vu au cinéma dans Merci pour le chocolat, La Maladie de la mort, Gainsbourg, vie héroïque ou plus récemment dans En même temps, a révélé avoir croisé la route de Gérard Miller, aujourd’hui accusé par une soixantaine de femmes de tentatives d’agressions sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols. C’était en 1997, alors qu’ Anna Mouglalis débutait sa carrière au théâtre et décrochait au même moment son premier rôle sur grand écran. Envoyée "au domicile de Gérard Miller (…) par la production", l’actrice se souvient encore aujourd’hui de cette très mauvaise rencontre. "C’est normal d’avoir confiance quand on est envoyée par la production chez un scénariste et qu’on a envie de jouer dans un film", a-t-elle d’abord précisé.

Gérard Miller "agressif" avec Anna Mouglalis

L’écrivain et réalisateur lui faisait visiter son home cinema lorsque son comportement a changé. "Et là, il me propose une séance d’hypnose… Que je refuse", raconte la comédienne engagée dans le mouvement #MeToo qui ne voyait pas le rapport avec le motif de leur rendez-vous. "Et puis, je trouve le mec franchement pas sympathique", ajoute l’interprète du personnage d’ Amélie Dorendeu dans la série Baron Noir sur Canal+. Ses avances refusées, le scénariste "commence à se tendre et à devenir un petit peu agressif". "Je lui dis : ‘on n’a qu’à rien faire du tout, vu comme c’est parti, c’est pas la peine’. Ce à quoi il répond qu’il retirera donc les répliques de mon personnage pour les donner à d’autres actrices. Je lui dis : ‘tant mieux’", raconte Anna Mouglalis. Depuis, l’actriice sait qu’elle "aurait dû" en parler au réalisateur et au producteur. "Je suis partie en me disant ‘c’est juste un connard’, mais pendant le tournage – on avait toutes entre 18 et 20 ans -, il y a deux jeunes femmes se sont rendues compte qu’elles avaient vécu la même chose et en ont parlé ouvertement. (…) Elles ont vécu la séance d’hypnose et elles ont vécu les agressions", a expliqué Anna Mouglalis devant la commission d’enquête. À ce jour, trois plaintes ont été déposées contre le célèbre psychanalyste.

Par
Hugo Mallais