Parents à perpétuité est adapté du livre témoignage éponyme de Dominique et Sophie Moulinas, dont le fils, Matthieu, schizophrène de 17 ans, a été condamné à perpétuité pour viols et meurtre. Qu’avez-vous ressenti à la lecture du scénario ?
Natacha Lindinger : J’ai très vite été fragilisée, parce que je suis maman d’un garçon de 13 ans. C’est étrange de se dire qu’il y a des choses que l’on ne voit pas chez son propre enfant. L’histoire de Dominique et Sophie Moulinas m’a donc extrêmement touchée et un peu terrifiée. Elle est unique, mais peut arriver à n’importe qui. J’ai souhaité la raconter en essayant d’être le plus juste possible, sans jugement.
Dans le téléfilm, Sophie Moulinas a été renommée Laurence, que vous incarnez. De quelle façon avez-vous abordé ce rôle complexe ?
J’ai regardé un documentaire sur le couple Moulinas (réalisé par Anne Gintzburger, ndlr) et lu des passages de leur livre, mais je voulais aussi m’en tenir au scénario. Je devais trouver le bon endroit pour incarner Laurence, entre ce qui était écrit et ce que je savais de Sophie Moulinas. L’objectif n’était pas d’imiter, mais de trouver quelque chose d’universel, pour toucher tous les parents.
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Comment décririez-vous votre personnage ?
Avec Safy Nebbou, le réalisateur, on a travaillé sur son tempérament moins réactif que celui de son mari, qui a besoin d’agir pour supporter ce drame. Elle est plus accablée, comme anesthésiée. Mais elle comme lui essaient de rester debout pour leur fils, Guillaume (Jules Houplain), et leurs deux filles. Ils luttent contre leurs sentiments, qui passent de la honte à l’amour, de la tristesse à la culpabilité, de l’espoir au désespoir. Ce que l’on raconte, c’est la difficulté d’aimer inconditionnellement son enfant dans ces circonstances.
Sur le plateau, vous avez retrouvé Éric Caravaca, qui joue votre mari, Éric, et qui l’incarnait déjà, dans le thriller de TF1 Entre ses mains…
J’adore l’avoir comme époux à la télé ! (Rires) J’aime travailler avec Éric, il est un partenaire délicieux. On réfléchit ensemble, on échange, sans rien imposer à l’autre. Quand on connaît les gens, on gagne un temps fou. Et sur le tournage de Parents à perpétuité, Éric et moi étions déjà mari et femme sans avoir besoin d’être dirigés.
Natacha Lindinger : "J’ai montré ce téléfilm à mon fils"
Les sujets dont traite ce téléfilm vous paraissent-ils importants à aborder en famille et/ou à la télévision ?
Évidemment ! Ce téléfilm fait réfléchir et discuter sur le regard que posent les parents sur leurs enfants, sur le consentement, l’éducation ou la justice. Je l’ai montré à mon fils, car je trouvais essentiel qu’il le voie. Il a été extrêmement touché et affecté par le sujet.
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Quelle est la suite pour vous ?
Je joue une flic dans la série franco-israélienne Unité 8200, avec Patrick Bruel, qui sera diffusée sur TF1. Et je vais bientôt tourner une série pour Disney, sur une histoire de fantômes, très loufoque et décalée.
Un dernier mot sur la septième saison de la série Sam, dans laquelle Hélène de Fougerolles a repris votre rôle… L’avez-vous regardée ?
Bien sûr ! J’aime beaucoup Hélène, et j’ai trouvé qu’elle était vraiment super et attachante dans ce rôle. Je suis très contente que Sam survive grâce à elle.
Parents à perpétuité, mercredi 29 mai à 21h10 sur France 2