Vous n’aviez plus tourné dans un téléfilm policier depuis quelques années. Qu’est-ce qui vous a incitée à y revenir ?
Natacha Lindinger : C’est vrai que ce genre a tellement été exploité à la télévision, qu’a priori, ce n’est pas le truc qui m’emballe le plus. Mais, l’aspect psychologique du scénario m’a séduite. J’aime la description du quotidien de mon personnage avec son mari et sa famille. J’apprécie aussi que cette femme se mette à faire quelque chose qu’elle ne comprend pas…
Vous pensez là au fait qu’elle trompe son mari…
Même si ça va moins bien avec lui, elle ne l’avait jamais trompé, car elle est attachée à lui. Elle s’en veut mais ne peut pas s’empêcher d’être séduite par un autre homme. J’aime cette dualité, car ce n’est pas tout noir ou tout blanc. C’est comme si, en une seconde, elle était empoisonnée ou hypnotisée. En réalité, cela ne vient pas d’elle, mais du pouvoir nuisible très fort de l’homme qu’elle rencontre. Elle est prise au piège et ça peut arriver à tout le monde…
Avec ce personnage, vous jouez à la fois une femme amoureuse et menteuse, ainsi qu’une mère attentionnée. Est-ce compliqué de jouer un personnage multifacette ?
Non, c’est très riche et plus intéressant. Parfois, quand on n’a pas grand-chose à jouer de passionnant on commence à en faire un peu trop ou à forcer le trait, donc, un personnage complexe, c’est plus facile.
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Dans plusieurs scènes, vous apparaissez nue. Cela ajoute-t-il à la complexité du rôle ?
Dans cette histoire, ces scènes se justifient et ont une raison d’être, car son amant la possède. Mais je dois reconnaître que c’est très compliqué à tourner et un peu douloureux. Je regrette systématiquement après. Quand j’étais jeune, j’étais extrêmement gênée. Quelques années plus tard, je l’étais un peu moins, car j’étais habituée et encore filmable à poil. Plus je vieillis, plus je me dis que je n’ai plus envie de faire cet effort.
Dans un tout autre registre, les téléspectateurs s’étaient habitués à vous voir incarner Sam. Vous ne regrettez pas d’avoir renoncé à cette série ?
J’ai tourné cinq saisons et avais fait le tour du personnage, que j’adorais. Même si j’étais très heureuse, à un moment donné, j’allais finir par me caricaturer et j’avais envie d’avoir du temps pour jouer d’autres choses. J’ai envie de liberté et ne souhaite pas m’engager à nouveau dans une série récurrente. J’aime faire le grand écart et suis assez contente de ne pas être enfermée dans une case. C’est vrai que l’ambiance générale me manque, car nous avions beaucoup de complicité et que c’était un vrai bonheur, mais la série continue avec Hélène de Fougerolles dans le rôle-titre.
Avez-vous des projets à la télévision ou au cinéma ?
Je viens de finir un film, que j’adore, inspiré d’un roman qui s’appelle Parents à perpétuité, de Sophie et Dominique Moulinas (Flammarion). C’est une histoire vraie, qui raconte la vie de parents dont le fils a commis un acte grave et qui prend perpétuité. C’était particulier à tourner, car je ne voulais pas décevoir ces parents et raconter leur histoire d’une manière indélicate. Je vais aussi tourner une comédie et devrais enchaîner avec une série franco-israélienne.
Entre ses mains, lundi 5 juin à 21h10 sur TF1
INTERVIEW NICOLAS PALITA