Certaines rencontres changent une vie. Pour Alice, 16 ans et orpheline de mère, c’est son coup de coeur pour un veau qui va boule verser ses convictions. Envoyée chez ses grands-parents à la campagne après avoir été exclue de son lycée, l’adolescente découvre, en cherchant à sauver son nouvel ami, un monde inconnu : celui de l’animalisme.
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Malgré son sujet politique et clivant, ce n’est pas un film "culpabilisant pour les amateurs de viande", assure son producteur, Pierre Sportolaro. L’idée d’écrire Le Combat d’Alice a germé dans l’esprit de Mikaël Ollivier lors d’un échange avec son ami Dominique Legrand, auteur du roman 8865. "Le titre est le nom du matricule d’une vache. Dominique m’a dit qu’il fallait vraiment un téléfilm populaire pour aborder ce sujet", raconte le scénariste, qui a librement adapté le roman en remplaçant, par exemple, le duo mère/fille par celui, « moins exploré à la télé », d’un père et de sa fille, en deuil, qui se reconnectent après cette prise de conscience militante.
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Depuis le tournage, Lucy Loste Berset (Alice), qui faisait déjà attention à son alimentation, ne mange quasiment plus de viande. Nicolas Gob, son père de fiction, espère provoquer la même réaction chez les téléspectateurs."Si les gens s’interrogent sur le fait de réduire leur consommation, on aura déjà un peu gagné", glisse le comédien belge, qui a changé ses propres habitudes d’achat, il y a déjà quelques années. Mais ce n’est pas suffisant pour faire taire l’angoisse qu’il ressent parfois face à la perte du sens commun et cette société devenue "un grand n’importe quoi ". "Je suis assez pessimiste, ajoute-t-il. On essaie de faire des choses à notre niveau et, le lendemain, on entend qu’un “trou de balle” a acheté un yacht pour des millions de dollars, qui va impacter la planète avec son CO2… C’est un non-sens total !"
LE RÉALISME EST DANS LE PRÉ
Ce téléfilm, présenté au Festival de la fiction de La Rochelle 2024, ambitionne aussi de raconter la réalité paysanne. Des agriculteurs sont d’ailleurs venus sur le tournage, qui s’est déroulé début 2024, en pleine crise agricole. Carole Bianic, l’interprète de la propriétaire du veau, a ainsi pu rencontrer un éleveur qui, malgré les difficultés financières, a repris par passion la ferme de son père. "Mon personnage défend le fait d’aimer les animaux, de passer du temps avec eux et de pouvoir les tuer, ce que ne comprend pas Alice."
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Pierre Sportolaro et Mikaël Ollivier ont également fait relire le scénario à un agriculteur bio normand. « On tenait à avoir un contrepoint, une personne dont c’est le métier et qui accompagne les bêtes de leur naissance à leur mort. La scène où ils savent quel animal ils sont en train de manger, c’est du vécu. On l’a ajoutée au scénario grâce à lui. » Les deux hommes se sont enfin assurés de trouver une place dans un sanctuaire afin d’éviter un destin tragique au veau utilisé pour le tournage. "Il mourra de sa belle mort !"
Le Combat d’Alice, mercredi 26 mars à 21h10 sur France 2
PAULINE HOHOADJI