En quoi Thomas Delhaye, votre personnage, est-il différent des autres flics que vous avez incarnés ?
Frédéric Diefenthal : Différents, ils le sont tous d’une manière ou d’une autre. Thomas est un homme sur une faille, malgré lui. Il avance tant bien que mal avec ses déceptions, ses blessures, et cette maladie de Ménière (qui entraîne des vertiges et une perte progressive de l’audition, ndlr) qui le ronge. Il choisit de ne pas en parler et de minimiser les choses en se réfugiant dans son travail. Mais tout a une fin, et il sait que cette fin approche…
Un meurtre particulièrement violent va l’amener à faire sortir de prison, pour quelques jours, Juliette (campée par Murielle Huet des Aunay), incarcérée pour une affaire similaire…
Un binôme étrange va naître entre cette reprise de justice et ce policier. On est dans un climat à la Garde à vue, de Claude Miller, en plus glamour, où l’on est sans cesse en train de se demander ce qu’il va se passer entre ces deux protagonistes.
On est davantage sur un thriller psychologique que sur une enquête policière classique…
Moi qui cherche toujours de la consistance et de l’originalité dans une histoire, je me suis fait cueillir à la lecture du scénario. On sort des sentiers battus, cette fiction étant avant tout un film d’atmosphère, avec un univers esthétique. C’était très osé de la part de France 2 d’aller vers cet univers, où le paysage joue un rôle à part entière. On laisse du temps au silence. C’est la force du réalisateur Laurent Tuel. Naviguant entre télévision et cinéma, il respecte l’objet télévisuel, tout en lui donnant un point de vue. Pour nous, acteurs, c’est très agréable.
Vous donnez la réplique à Murielle Huet des Aunay. La connaissiez vous avant le tournage ?
Non, et ça a été une vraie découverte, aussi bien en tant que personne qu’en tant qu’actrice. Murielle est magistrale dans son interprétation, pleine d’ambiguïté. Il y a eu une symbiose entre nous. J’aime cultiver ces rencontres. Depuis une trentaine d’années, elles ont été souvent fructueuses et riches en belles surprises dans mon métier.
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La fiction a reçu le Grand Prix 2022 du film francophone de télévision au Festival de Cognac…
Même si je me méfie toujours de l’esprit de compétition dans notre profession, quand on reçoit ce genre de récompense, on est toujours heureux. C’est aussi un hommage rendu à toute l’équipe.
Vous me parlez depuis le tournage d’Ici tout commence (TF1). Que réservent les prochains épisodes à Antoine, votre personnage de proviseur de l’institut Auguste-Armand ?
À partir de mi-mars, ça va être le festival des révélations ! Plusieurs arches vont s’entremêler, et Antoine va se surprendre lui-même, en prenant par exemple des décisions inhabituelles. Le tandem « gentil flic-méchant flic » qu’il forme avec Emmanuel Teyssier (Benjamin Baroche) va également évoluer de manière assez cocasse.
Antoine va-t-il resserrer la vis à ses élèves ?
Quand il s’énerve, c’est un peu comme moi avec mes enfants : je crie, mais ce n’est pas pour ça que je me fais respecter. (Rires) Je menace, mais je ne vais pas toujours au bout. Si vous me demandez mon point commun avec Antoine, c’est celui-là !
Neige, lundi 6 mars à 21h10 sur France 2
INTERVIEW CAMILLE SANSON