L’astronaute français était l’invité de Yann Barthès dans "Quotidien" sur TMC et n’a pas mâché ses mots concernant le vol spatial commercial de Katy Perry et Lauren Sánchez. Une prise de position qui relance le débat sur la démocratisation de l’espace entre recherche scientifique et divertissement de luxe.
"Nous, on ne fait pas ça, on est contre"
Face aux caméras de TMC, Thomas Pesquet a affiché une position sans équivoque concernant le tourisme spatial. Interrogé par Yann Barthès sur le vol commercial qui a emmené Katy Perry et la fiancée de Jeff Bezos dans l’espace, l’astronaute français de 47 ans n’a pas dissimulé son agacement. "Jeff Bezos qui envoie sa future épouse et Katy Perry dans l’espace. Ça vous inspire quoi ?” demande Yann Barthès. “Ça ne nous inspire rien. Nous, le tourisme spatial, c’est très très clair. Dans les agences, on ne fait pas ça, on est contre", a-t-il déclaré avec fermeté.
Cette sortie médiatique de Thomas Pesquet intervient quelques mois après la mission NS-31 de Blue Origin du 14 avril 2025, qui a marqué l’histoire en embarquant le premier équipage exclusivement féminin depuis plus de 60 ans. Six femmes aux parcours remarquables ont ainsi vécu cette aventure spatiale de onze minutes, dépassant la ligne de Kármán située à 100 kilomètres d’altitude.
Pour Thomas Pesquet, ce type d’initiative brouille le message des missions scientifiques. "En plus, ça brouille le message, on va dans l’espace vraiment pour faire de la recherche. Moi, ça me fait très plaisir d’aller dans l’espace, mais on ne m’envoie pas dans l’espace pour mes beaux yeux. Ce serait super, mais ce n’est absolument pas le cas", a-t-il expliqué.
Un double standard qui dérange l’astronaute
Malgré ses critiques, Thomas Pesquet a également pointé du doigt un traitement médiatique inéquitable selon le genre des passagers. "Et quand on voit ça, malheureusement, les gens mélangent un petit peu les deux. Après, on ne cautionne pas, mais ça a été vraiment mis en scène avec beaucoup de drama. Le seul truc que je me suis dit, un peu en leur faveur, c’est qu’il y a quand même des hommes qui ont fait ça avant", a-t-il observé avec justesse.
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L’astronaute normand, diplômé de Supaéro en 2001, a poursuivi son analyse en relevant cette disproportion dans la réception publique : "Il y a quand même pas mal d’équipages d’hommes, de millionnaires qui, eux, ont fait leur vol et qui ont fait peut-être des simagrées comme ça aussi. Bizarrement, on leur a quand même moins reproché. Là, c’est que des femmes et ça trash quand même pas mal. Donc ça, ça m’a quand même un tout petit peu gêné".
L’Europe face au défi de l’autonomie spatiale
LEurope traverse une période charnière pour son programme spatial habité. Thomas Pesquet, qui a effectué deux missions remarquées en 2017 et 2021 à bord de la Station spatiale internationale, incarne cette excellence européenne dans l’exploration spatiale. Pourtant, le Vieux Continent reste totalement dépendant des moyens de transport américains et russes pour envoyer ses astronautes dans l’espace.
Cette dépendance technologique place l’Europe dans une situation délicate. En passe d’être lâché par les États-Unis, le continent doit trancher rapidement entre clouer au sol ses astronautes et se doter de ses propres moyens de rejoindre la prochaine vague d’exploration humaine, d’autant que les enjeux militaires de ces technologies sont réels.